History ofthe Trade Unionism^ 2* éd., p
2. Il n'existait alors que des unions d'ouvriers qualifiés. On verra plus loin que les unions d'ouvriers non qualifiés fondées, à partir de 1889, ont dû faire comme celle des agricultural labourers.
des colonies que ravènement du landlordisme avait rendue plus forte en Angleterre que partout ailleurs s'est accentuée rapidement. On jugera de ses effets par les chiffres suivants. A la fin du xviii^ siècle, d'après Macaulay, 80 0/0 de la population anglaise était agricole. D'après le recensement décennal de 1891, la proportion est tombée en Angleterre et Galles à 4 0/0 de la population totale, à 11,5 0/0 du nombre des personnes employées. (Cette dernière proportion est en France de 46,3 0/0.)
Sur ce nombre, la proportion des journaliers diminue de plus en plus (709.283 lahourers pour 201.918 farmers^ c'est-à-dire 4 lahourers pour 1 f armer). Dans plusieurs comtés agricoles, on a vu les lahourers diminuer de 23,9 0/0 entre les deux recensements, de 1871 et 1881, sous l'effet de la crise qui éclata vers 1875. Entre 1881 et 1891 , la diminution a été de 13,1 0/0 ^ . M. Russel Wallace constate dans Bad Times qu'en 1861 trois comtés ruraux accusaient une faible diminution de la population. On en comptait 8 dans le même cas en 1871, et 14 en 1881, tandis que les autres comtés agricoles indiquaient une diminution légère ou un ralentissement marqué. En dix ans, conclut M. Wallace, un million de personnes environ a été forcé d'abandonner la campagne pour la ville. La diminution n'est pas due comme en France à l'abaissement du chiffre des naissances. Au contraire ce chiffre augmente très fortement dans les campagnes anglaises ; mais l'émigration le dépasse. L'accroissement de la population en Grande-Bretagne atteint une moyenne de 1 1,4 p. 0/0, mais l'examen de chaque comté montre une
1. Reports of the Royal Commission on Agriculture. Isle of Axholme, p. 25, Doi^etshire, p. 13.
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proportion énorme pour les villes industrielles, et très faible pour les districts agricoles (2,7 en Norfolk, 2,3 en Wiltshire*).
Sous l'influence du landlordisme renforcé de causes générales, toute l'Angleterre tend à présenter l'anomalie que nous trouvons dans certains districts houillers et industriels (départements du Nord, vallée belge de la Meuse, bassin de la Ruhr en Westphalie), où l'industrie supplante l'agriculture.
II. La substitution de la grande à la petite propriété. ^ Le ce landlordisme » est d'origine relativement récente ^, Il s'est formé depuis le xvi® siècle en Angleterre sous l'influence de causes que nous allons passer rapidement en revue. Il a été apporté par la guerre au xvi® et au xvii* siècle en Irlande — en Ecosse à la lin du xviii* siècle, après la ruine des clans.
Dans l'Angleterre proprement dite, les petits propriétaires paysans (yeomen) ont été nombreux et prospères entre les xiv® et xvi® siècles, depuis l'abolition du servage jusqu'au commencement de l'accumulation des terres. Il y avait alors, comme dans la France agricole d'aujourd'hui, au sommet une minorité de grands propriétaires, au bas de l'échelle un nombre de journaliers inférieur à celui des petits propriétaires ; ceux-ci formaient la masse des habitants des campagnes et de la population totale. A la fin du xvi^siècle, le juriste Fortescue, dans son livre De laudibus