‹ Le socialisme en AngleterreChapitre 28 sur 63 · III. On doit s'arranger pour que tout sujet anglais puisse · texte numérisé non relu

III. On doit s'arranger pour que tout sujet anglais puisse

1. Lànd I^&tiojuilization, Us necessity and Us aims^ Londres et New-York, Swan Sonnenschein, édit. de 1892, in-12.

occuper personnellement une portion du sol à sa valeur agricole exacte.

IV. Toutes les étendues fertiles de terrains non clos et non mis en valeur doivent être (avec quelques restrictions) ouvertes à la culture de possesseurs occupants.

V. Les ventes et les échanges de chaque tenancier dans son terrain doivent être assurées le plus librement possible*

VI. Pour que ces conditions soient assurées en permanence, la sous-location doit être absolument prohibée et les hypothèques rigoureusement limitées.

Après la théorie vient rapplication. Ici deux voies s'ouvrent devant les ennemis du landlordisme : le partage du sol entre petits propriétaires ou la nationalisation ; d'une part, l'établissement du régime individualiste qui existe en France, et dont les nationalistes irlandais réclament l'introduction dans leur île ; d'autre part, la solution socialiste qui met l'Etat à la place des landlords.

La dernière est celle de M. Wallace^ De petits propriétaires libres {Small freeholders), écrit-il, ne valent rien parce que :

i» Ils dissipent en achat des sommes qui seraient beaucoup mieux employées en cultures.

2* Par suite, le nombre des personnes qui peuvent acquérir à des conditions avantageuses des fonds de terre est extrêmement réduit.

3® La rente du sol {unearned incrément) est enlevée à la communauté qui la crée, et est attribuée à quelques individus.

40 Les héritiers de ces petits fonds, qui n'ont pas les mênies avantages naturels, se feront concurrence dans des conditions inégales, et tôt ou tard ceux qui possèdent les plus mauvaises terres devront vendre leur bien ou tomber entre les mains

1. Voir le Tract n*» 25 de la Land Nationalization Society écrit par Wallace et intitulé : State tenant9 versas freeholders.

des usuriers. On voit donc que ce système porte en lui-même le germe de sa ruine * .

La vraie solution, conclut M. Wallace, c'est de faire de TEtàtle Ground landlord^ le propriétaire de tout le sol, et voici comment:

Une loi votée par le Parlement ordonnera que la nationalisation soit opérée dans un délai de huit à dix ans. Entre la promulgation de cet Acte et son application, des commissions analogues à celles qui ont présidé à la mise en vigueur du Land Ad en Irlande, parcourront l'Angleterre et régleront les conditions auxquelles les anciens propriétaires céderont leurs droits et celles que les tenanciers de rÉtat devront remplir pour entrer en possession d'un lot.

Les landlords seront indemnisés et plutôt largement. C'est un des traits fondamentaux du projet de M. Wallace qui est un réformateur et non un révolutionnaire. Il repousse la reprise sans indemnité et propose un rachat ; mais il faut un procédé simple qui permette d'éviter les contestations qui ne manqueront pas de se produire entre landlords et commissaires, les premiers réclamant trop, les seconds n'offrant pas assez. On coupera court aux difficultés et aux procès en assurant aux dépossédés une annuité égale au revenu qu'ils tiraient de leur terre. Cette rente leur sera versée pendant toute la durée de leur vie ; bien plus, elle sera continuée à leurs héritiers nés avant la promulgation de la loi. De cette façon, dit M. Wallace, pas de difficultés, pas d'injustice, pas même de surprise, puisque la loi n'aura pas d'effet rétroactif, puisqu'en outre

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