Webb, History of the Trade Unionism, p
syndiqués anglais) ne recrute ses membres que parmi les qualifiés [ski lied).
C'est, en effet, le caractère essentiel du vieil unionisme d'écarter les manœuvres et les catégories inférieures de travailleurs. Les mécaniciens, jusqu'en 1892, ont refusé d'admettre dans leur union les conducteurs de machines-oulils ; les ouvriers du bâtiment ferment leurs sociétés à leurs aides ; ceux des fUeurs ont une organisation spéciale subordonnée ^ la trade union des ouvriers qualifiés. On explique cette exclusion par la nécessité de n'avoir que des membres en état de payer la cotisation élevée qu'exige l'union. Elle s'élève en moyenne à 1 fr. 25 par semaine, somme à laquelle il faut ajouter un droit d'entrée et une contribution trimestrielle ou annuelle peu élevée pour les frais généraux. La contribution est payée chaque semaine et tout membre qui ne peut s'acquitter après un certain nombre de délais est impitoyablement exclu. Il est d'ailleurs rare que cette éventualité se produise. Nous avons déjà dit que les Anglais ont l'habitude dans leurs associations de payer régulièrement les cotisations. Si l'on tient compte du fait que les vieilles unions sont volontairement restreintes, on comprendra combien elles sont puissantes dans le terrain sur lequel elles se cantonnent. En Durham et Northumberland, presque tous les mineurs appartiennent aux branches de l'union nationale. La fédération des mineurs comprend en moyenne un mineur sur deux dans les comtés sur lesquels elle s'étend. L'amalgamation des fîleurs compte 93 0/0 des ouvriers dans les districts de Lancashire où elle a des adhérents. La proportion est la même pour les mécaniciens à Liverpool et dans les environs de Newcastle ^