Cité par Wbbb, History ofthe Trade Unionism, pp
combrer de fonds de maladie ou d'accidents ». Décision avec laquelle contraste la conduite de la société plus ancienne qui comprend les ouvriers qualifiés des chemins de fer [Amalgamated Society of Railway Servants) fondée en 1872. Celle-ci a distribué dans ces dernières années plus de 10.000 livres sterling annuellement en secours de maladie et de chômage * .
Les nouvelles unions, qui ne peuvent en faire autant et qui pourtant se composent des travailleurs qui ont le plus besoin d'être assistés, ont été amenées à réclamer au gouvernement ou aux villes les secours qu'elles ne pouvaient fournir à leurs membres ; elles sont entrées facilement dans le socialisme d'État ou le socialisme municipal qui était le credo de leurs initiateurs. « L'assistance, disaient Mann et Burns, dès 1886, c'est l'affaire des conseils élus, des pouvoirs publics, et non des associations particulières. Les anciennes unions s'y sont mal prises en demandant aux travailleurs de mettre une partie de leur épargne à cet emploi. Elles ont tort aussi de croire que la conciliation libre entre patrons et ouvriers peut améliorer les conditions du contrat de travail. En fait, elle ne réussit qu'à faire consacrer solennellement, par des délégués ouvriers, les réductions imposées par les patrons^. A la commune, au comté, à la Chambre, le droit de fixer un salaire minimum, le droit d'arrêter la journée de travail à 8 heures. » Deux questions où l'intervention du pouvoir était déjà réclamée par la fédération des mineurs et par une partie toujours croissante des vieilles unions. Ainsi l'esprit socialiste, né dans
1. HowELL, Trade Unionism, oldand new, p. 636. Webb, History ofthe Trade Unionism,p. 392.
2. C'est le prétexte invoqué par les trade unions, pourtant non socialistes, du Durham contre les conseils mixtes permanents de conciliation fondés en 1869 et supprimés par les ouvriers en 1896.
les vieilles organisations, se répandait rapidement dans les nouvelles, et les pénétrait du premier coup. Elles se trouvaient, comme les syndicats français, dirigées à leur naissance par des socialistes.
C'est la lutte contre le patronat qui dirige leur marche. Tout d'abord, elles cherchent à être des fédérations, des unions nationales, et elles voudraient, dès la première année, arriver à ce but que la plupart des vieilles unions n'ont pas encore atteint. Outre la fédération des travailleurs dans chaque métier, elles réclament l'association de tous les ouvriers par-dessus les cloisons qui séparent les professions. Déjà les représentants des diverses unions d'une même ville avaient pris l'habitude de former des Irades' councils analogues à nos Bourses du travail, où l'on s'occupait de renseigner les ouvriers et de mettre les corporations en rapport les unes avec les autres. Méprisant ces institutions, les vieilles unions n'y envoyaient personne. Aucun délégué des fileurs ne figure au trades" council de Manchester, et les miners' agents ou secrétaires des mineurs ne vont pas à ceux des centres où ils habitent. Les chefs du nouveau mouvement en ont profité pour occuper les councils. Gomme les comités de nos Bourses du travail, ils sollicitent des municipalités une subvention, un local. Plusieurs vont jusqu'à réclamer Tinscription dans la loi du droit au travail et la création d'ateliers municipaux pour les sans-travail.
C'est un mouvement qui tend à réunir les travailleurs de tout genre et à leur donner, au lieu de Tégoïsme corporatif que développait le vieil unionisme, la conscience de leur situation et en même temps Tidée de la lutte des classes.
Le nouvel unionisme est allé plus loin encore, jusqu'à
un essai d'union internationale borné, il est vrai, à une profession. Depuis le mois de septembre 1896, les principaux leaders de Tunion des dockers, qui a son siège à Londres, ont essayé de syndiquer les ouvriers similaires des grands ports européens. M. Tom Mann a tenté de parler à Hambourg mais le Sénat l'a expulsé ; à Anvers, M. Sexton, secrétaire général de T union des dockers, était traité de la même manière. A Rotterdam, les réunions tenues par les délégués anglais furent interdites. La tentative amena néanmoins une agitation qui eut son effet dans la grève des dockers de Hambourg. Les ouvriers d'Angleterre ont envoyé des secours très importants à la caisse de la grève et c'est surtout grâce à eux qu'elle a pu se soutenir longtemps.
Pendant cette agitation se constituait V International Fédération ofShip^ Dock and River Workers. Tom Mann en devenait le président et, pour se consacrer tout entier à ses nouvelles fonctions, il résignait sa charge de secrétaire général du Parti ouvrier indépendant, restant d'ailleurs membre dévoué de ce parti. Dans le conseil exécutif de la Fédération, on trouve les noms de Ben Tillett, de Sexton, de J. H. Wilson, l'organisateur des chauffeurs et marins, et le député de Middlesborough. La Fédération a des branches dans les ports du Royaume-Uni et dans ceux de Hambourg, Anvers, Rotterdam, Gôteborg, Stockolm, Nantes et le Havre. Elle a fait imprimer des circulaires invitant les dockers à pratiquer le ca'canny (ne vous foulez pas!), c'est-à-dire à travailler mal quand le salaire est mauvais.
Les causes qui ont déterminé la naissance de la fédération internationale, déclare Tom Mann, furent : l® le déclin des unions 1 et sa conséquence, réduction des salaires dans plu-