Il s'agit des unions fondées en 1S
sieurs ports et en général mauvaises conditions ; 2° la croyance, commune à tous les trade unionistes les plus énergiques, qu'une fédération d'un caractère international ne se bornerait pas à enflammer Tenthousiasme des ouvriers, mais les mettrait en état d'obtenir des conditions décentes^.
Par là, M. Mann indique toujours comme but Tamélioration des salaires ; il répète presque la formule du vieil unionisme « juste salaire pour juste travail », mais il réclame un effort qui sera trop puissant, s'il réussit, pour ne pas arriver à mettre en question le contrat même de travail et le patronat.
Il est vrai que ce sont là des projets, il est vrai que la réalité est loin du rêve. M. Tom Mann l'avoue lui-même : les unions de dockers fondées en 1889 sont en baisse; la décroissance est du reste évidente d'après les chiffres donnés plus haut. Doit-on dire que le mouvement des non qualifiés a été une pure affaire de réclame pour quelques meneurs ? S'ils avaient cherché leur triomphe politique plus que l'intérêt des ouvriers, ils auraient mal fait leur compte. Parmi les hommes en vue du nouvel unionisme, trois seulement faisaient partie de la Chambre des communes qui siégea de 1892 à 1895. C'étaient J. H.Wilson, John Burns dont on a parlé plus haut, et Keir Hardie, dont il sera bientôt question. On les considérait comme des « Labour members, » des « Labourites » qui formaient peut-être le noyau d'un parti ouvrier distinct. Or les deux premiers, seuls réélus en 1895, ont suivi l'exemple des vieux unionistes et se sont appelés tout bonnement radicaux. Le troisième, socialiste déclaré, a échoué, de sorte qu'on peut affirmer qu'il n'y a pas à la Chambre des com-