‹ Le socialisme en BelgiqueChapitre 24 sur 74 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

De 1896 à 1899.

Lors de la revision de 1893, il n'avait rien été modifié à la durée du mandat législatif, fixée à quatre ans, non plus qu'au mode de renouvellement par moitié tous les deux ans. 1896 ramena donc une période d'élections dans les provinces de Brabant, d'Anvers, de Namur, de Luxembourg et de la Flandre Occidentale. L'élection de Bruxelles présentait une importance considérable, en raison du nombre exceptionnel de députés qu'avait à désigner cet arrondissement ; elle donna lieu, naturellement, à de laborieux préparatifs. La question des alliances surgit à nouveau, ayant ses partisans et ses adversaires également fervents. L'attitude du Parti ouvrier ne varia point. Il se refusa absolument à examiner même la possibilité d'une union avec les doctrinaires. Le parti progressiste, instruit par les scrutins de 1894, sur les forces socialistes, se décida cette fois à rompre avec les libéraux et à rechercher l'alliance ouvrière. Un grand nombre de militants dans le Parti ouvrier y étaient hostiles et conseillaient de lutter isolément ; mais au poil, la masse décela son espoir de succès, son désir de réalisations

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immédiates et décida l'alliance avec les radicaux. Chaque parti maintint l'intégrité de son programme, mais une plate-forme électorale fut élaborée, comprenant les réformes sur lesquelles l'accord était complet. Cette plate-forme, d'allure très radicale, n'atténua en rien l'ardeur des propagandistes socialistes et la campagne fut menée avec toute la fougue, toute l'intransigeance qu'aurait pu y apporter une liste socialiste homogène.

L'alliance contractée à Namur en 1893 fut maintenue. Il n'y eut point d'alliance dans les autres arrondissements, sauf à Dinant.

Le Parti ouvrier lutta dans seize circonscriptions; partout en Brabant, c'est-à-dire à Bruxelles, à Louvain et à Nivelles ; partout dans la province de Namur, c'est-à-dire à Namur, à Dinant et à Philippeville ; dans un seul arrondissement du Luxembourg (ce qui s'explique parla faible densité de la population, les difficultés des communications, le régime spécial, mi-agricole, mi-sylvestre, de cette partie du pays) ; dans un arrondissement d'Anvers ; et partout enfin dans les sept arrondissements de la Flandre Occidentale : '^Bruges, Courtrai, Ypres, Dixmude, Osteude, Roulers et Furnes. Dans toute cette partie flamande, on engageait la bataille uniquement pour déployer le drapeau ; aucun succès n'était à espérer; il s'agissait seulement de faire de la propagande et de se compter.

Les résultats furent magnifiques ; qu'on en juge par ce tableau, donnant le nombre des suffrages exprimés en 1894 et en 1896.

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