‹ Le socialisme en BelgiqueChapitre 25 sur 74 · DE 1S96 A · texte numérisé non relu

DE 1S96 A

Anvers

Maliues

Bruxelles

Louvaln

Nivelles

Bruges

Courtrai

Dixmude

Furnes

Ostende

Rûulers

Ypres

Neufchâteau

Philippeville

Dinant .

Nauiur

(l) Alliance radico-soeialiste.

En 1S91

En 1896

pas de lutte

Au premier jour d'élection, le seul socialiste sortant, Defnet (Namur), était donc réélu. Quatre autres socialistes venaient en ballottage avec les cléricaux à Nivelles ; un à Philippeville et la liste radico-socialiste tout entière à Bruxelles. Enfin, les libéraux venaient en ballottage avec les cléricaux à Anvers.

Ces scrutins de ballottage furent instructifs. Ils démontrèrent à nouveau, d'une façon incontestable, que le ralliement anti-clérical était une chimère. A Nivelles, le total des voix anli cléricales était supérieur au chiffre de voix accordées à la liste conservatrice; ce fut néanmoins celle-ci qui triompha, grâce à un certain nombre de voix libérales. Cela s'était déjà remarqué à Bruxelles, à Liège, à Charleroi, lors des précédents ballottages : les libéraux écartés au premier tour de scrutin ne se résignaient pas à voter blanc; et toujours leurs farces se divisaient; les uns, entraînés par

202 II. — l'effort politique

l'esprit de classe, donnaient leurs suffrages aux catholiques ; les autres, guidés par leurs préférences philosophiques, votaient pour les socialistes. Et l'on peut conjecturer, avec beaucoup de vraisemblance, que ces derniers étaient des électeurs à une voix, tandis que les autres étaient des votants à trois voix, les privilégiés de la bourgeoisie. Cette dernière observation explique aussi pourquoi les progrès socialistes parmi les électeurs catholiques, pourtant évidents, furent peu attestés par les chiffres ; en effet, la propagande, aux premiers temps, occasionnait une sorte de chassé-croisé ; elle attirait vers le parti socialiste des paysans chrétiens, mais en même temps repoussait dans les rangs conservateurs des bourgeois autrefois libéraux. Et il fallait trois de ceux-là pour équilibrer un seul de ceux-ci.

On constata, d'autre part, que le ralliement des socialistes à la liste libérale, restée en ballottage, se faisait avec ensemble et que l'unanimité des troupes ouvrières comprenait la nécessité et le devoir d'appuyer, faute de mieux, toutes les candidatures d'opposition.

La débandade des libéraux, aux votes contradictoires, assura donc le triomphe du gouvernement. Le parti libéral sortit de cette période électorale affaibli à la Chambre, où ses députés, de 18 qu'ils étaient, ne rentrèrent plus qu'à 12, et profondément discrédités dans le pays. La plupart des adversaires du pouvoir clérical perdirent confiance dans l'avenirdu parti libéral et se tournèrent vers les socialistes, comme les seuls paraissant avoir l'énergie et la vitalité nécessaires pour triompher des conservateurs.

Le parti progressiste n'était pas en meilleure posture. La plupart, sinon tous, des 12 députés échappés au naufrage, se réclamaient de son programme ; mais il était assez difficile à un parti, qui s'était allié en 1894 avec

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