‹ Le socialisme en BelgiqueChapitre 35 sur 74 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Les profits des capitalistes.

Si nous prenons un industriel quelconque, à la fois capitaliste et chef d'entreprise, ses profits peuvent être décomposés en trois éléments :

1° Rémunération des capitaux mobiliers et immobiliers engagés dans l'entreprise {rente et intérêt) ;

2° Rémunération du travail de direction ;

3° Prime d' assurance contre les risques.

Je pense que nous pouvons écarter immédiatement de la discussion ce dernier élément : les ouvriers qui crèvent de faim en temps de crise, et qui sont jetés sur le pavé quand on ferme l'usine, courent des risques au moius aussi grands que le patron qui est menacé de faire faillite. Au surplus, si le risque existe pour les individus, il n'existe pas pour la classe capitaliste. Les individus perdent, gagnent, spéculent, agiotent : la classe, quoiqu'il arrive, s'enrichit aux dépens des travailleurs. C'est ainsi, par exemple, que certains cliarbonnages sont en perte, et que leurs actionnaires se ruinent, mais, sauf quelques années exceptionne les, l'industrie charbonnière, dans son ensemble, rétilise constamment des bénéfices. Toutes autres conditions

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restant égales, la collectivité, devenant propriétaire des mines, ne courrait, par conséquent, aucun risque de faire des pertes.

De ce côté donc, aucun argument à tirer en faveur du système capitaliste. En revanche, on insiste sur les autres éléments du profit, et l'on soutient que le maintien de l'hérédité capitaliste est indispensable, parce que la classe bourgt-oise remplit, et qu'elle seule peut remplir, deux fonctions essentielles :

1° C'est elle qui capitalise, qui accumule le capital social ; 2° qui dirige la production industrielle et les opérations commerciales.

En réalité, donc, les capitalistes seraient de véritables fonctionnaires, avec plus de responsabilité et plus d'initiative, et, en échange de leurs services, ils reçoivent le salaiie du travail de direction qu'ils fournissent, et le salaire des privations qu'ils s'imposent en épargnant, au lieu de manger leur blé en herbe.

Qu'il y ait une âme de vérité dans cette argumentation, nous ne songeons nullement à le contester. Si les capitalistes venaient à disparaître, du jour au lendemain, on s'apercevrait, à coup sûr, qu'ils ne sont pas complètement parasites ; mais, en revanche, il n'est pas difficile de démontrer :

1° Que, de plus en plus, leur classe exerce les fonctions qui lui incombent de manière défectueuse et onéreuse ;

1° Que d'autres organes pourraient remplir ces fonctions, et commencent, dès à présent, à le faire, dans des coniJiliuns beaucoup plus satisfaisantes.

C est ce que nous allons examiner successivement pour la direciiou des entreprises et les nécessités de la capitalisation.

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