CH. II. •™ LES PROFITS DES CAPITALISTES
dirigée bureaucratiquement, les collectivistes réclament l'appropriation colleclive des moyens de production. Dans la petite industrie, au contraire, où l'expropriation présenterait actuellement des difficultés insurmontal)le8, et peut-être des inconvénients au point de vue de la prodr.clion, sans grands avantages au point de vue de la répartition : c'est le domaine de l'entreprise privée, capitaliste aujourd'hui, coopérative demain.
§ 2. — Capitalisation
L'autre fonction essentielle que l'on assigne à la classe capitaliste, c'est l'accumulation, par l'épargne, des capitaux nécessaires à la production.
De celte initiative laissée aux particuliers résultent deux conséquences, contradictoires, mais également nuisibles à la communauté : chez ceux qui épargnent, l'avarice de la fourmi ; chez ceux qui n'épargent pas, la prodigalité de la cigale. La capitalisation livrée à elle-même, c'est l'égoïsme, l'iustinct propriétaire, la sécheresse de cœur chez les uns, le gaspillage, l'insouciance, les folles et inutiles dépenses chez les autres.
Mais, dira-t-on sans doute, comment ferez-vous pour remplacer l'épargne individuelle?
Ce que l'on fait déjà dans les sociétés coopératives ou dans les services publics : la société ou l'Etat prélève sur les bénéfices de l'exploitation ce qui est nécessaire au développement de l'outillage et àla marche de l'entreprise.
Au lieu de l'épargne individuelle, nous aurons l'épargne collective. .
L'élite de la classe ouvrière, dès à présent, au lieu
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de porter son argent à la caisse d'épargne, constitue le patrimoine collectif des syndicats, des coopératives, des secours mutuels. Au lieu d'être propriétaire d'un livret de cent francs, le socialiste affilié à la Maison du Peuple devient co-prupriélaire d'une grande boulangerie, d'un magasin de charbon, d'une épicerie, d'un capital de plusieurs centaines de mille francs. Le côté égoïste de l'épargne disparaît ; ses avantages se multiplient à l'infini.
Et, ce qui marque mieux encore la possibilité et l'extension croissante de la capitalisation collective, c'est l'agrandissement continu du patrimoine collectif, du domaine public, depuis un demi-siècle. 11 existe, dès à présent, dans tous les pays, un certain nombre d'industries, où l'accumulation des capitaux n'est pas l'œuvre des particuliers, mais celle de l'Etat ou des communes. C'est le cas, par exemple, pour l'industrie des chemins de fer, les postes, les télégraphes, les téléphones, la fabrication de la monnaie, le service des eaux et du gaz dans certaines villes.
Pourquoi n^en serait-il pas de même pour les charbonnages, comme en Prusse ; l'industrie du tabac, comme en France ; la fabrication de l'alcool, comme en Suisse.
Ce n'est pas là du collectivisme, dira-t-on. Sans doute, car ces industries sont des dépendances de l'Etat, et ne jouissent d'aucune autonomie. Il n'en est pas moins vrai que leur appropriation par la communauté constitue un premier pas vers le collectivisme.
§ 3. — Collectivistes saks le savoir
La plupart des adversaires du collectivisme ne se rendent pas assez compte que cette doctrine ne fait que