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CH. II. — DANS LE PARTI OUVRIER

Au Congrès suivant, Smolders donne lecfure des résultats d'une enquête organise'^ par le syndicat des employés sur la situation des femmes employées dans l'agglomération bruxelloise (demoiselles de magasin, employées de bureau, etc.). Il signale les tristes conditions dans lesquelles elles remplissent un labeur souvent pénible et préconise le groupement syndical.

Octors, de son côté, arrivait, non snns peine, à décider à s'associer, à Bruxelles et dans les faubourgs, les métiers suivants : 1° les cliapelières et ouvrières en matières premières pour chapellerie ; 2° les cartouchières ; 3° les gantières ; 4° les lacelières ; 5° les fleuristes ; 6° les margeuses et pointeuses (imprimerie) ; 7° les monteuses de chaussures, etc. Le syndicat type est celui des chapelières.

Nous en avons parlé avec quelques détails, dans la première édition de cet ouvrage. A près avoir eu les débuts les plus difficiles, il connut, vers i8!i6, des heures de rare prospérité. Mais l'effort patronal imagina de le détruire en créant un syndicat rival dans lequel les ouvrières eurent la faiblesse de se laisser attirer. Il dut se dissoudre. Octors l'a reconstitué sous forme d'une section des syndicats des hommes.

L'histoire de toutes ces associations démontre les extrêmes difficultés qu'il y a à grouper les ouvrières sur le terrain économique. La conscience de leurs intérêts de classe est malaisée à éveiller chez elles. Plus misérables encore que les ouvriers, elles ont à s'affranchir d'une plus orofonde servitude.

Les essais de coopération ne donnent eux aussi, que de tristes résultats. Les fleuristes, feuillagistes et plumassiêres ont vainement essayé de faire marcher un atelier de production.

Le rapport de la citoyenne Tillmans, au Congrès Dest. et "Vand. 21

Féministe ouvrier de 1902, donne sur le groupement syndical les renseignements suivants :

En Belgique, il y a 9,21 0/0 d'ouvriers et 1,7 0/0 seulement d'ouvrières syndiquées. Ceci nous montre que nous avons une grande làclie à remplir.

Dans certaines industries, où hommes et femmes sont occupés ensemble, il existe des syndicats comprenant un assez grand nombre de femmes. Ainsi, àGand, le Syndicat des ouvriers et ouvrières du lin comprend 1.600 femmes, soit 28.7 0/0 des femmes employées dans les filatures de lin. Le Syndicat des travailleurs du coton compte 100 femmes, soit 43,6 0/0 des femmes employées dans les filatures de coton ; 800 tisserandes, soit 35,9 0/0 sont syndiquées. Gand a aussi un syndicat de femmes seules ; un syndicat de couturières comprenant 106 membres, soit 5 0/0 des 2,000 couturières de Gand.

A Alost, 25 0/0 des ouvrières du coton sont syndiquées.

Les allumettières, cigarières et cigarettières de Grammont ont également constitué une association professionnelle qui compte loO membres, soit 16,8 0/0 des femmes occupées dans ces industries.

Les ouvrières de la laine peignée, à Verviers, ont formé trois syndicrits de femmes seules ; chacun d'eux compte une centaine de membres.

A Bruxelles, quelques syndicats comptent des femmes : ce sont les ouvriers et ouvrières du vêtement, les employées, les margeuses. Le Syndicat des relieurs a fondé une section de relieuses, comprenant environ 90 femmes. Il en est de même du Syndicat des ouvriers en chaussures : cette section de femmes, qui compte 90 membres ayant payé leur cotisation, a déjà, malgré sa courte existence, procuré quelques avantages à ses membres, tels que annulation de renvoi d'une ouvrière, augmentation de salaire pour plusieurs femmes, aplanissement de conflits entre patrons et ouvrières. A la demande de la chambre syndicale, la Ligue des femmes socialistes de Bruxelles a délégué quatre de ses membres pour aider à la direction de ce syndicat.

Les ouvrières gantoises, dont l'organisation est la plus forte de Belgique, ont été entraînées dans les syndicats

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