‹ Le socialisme en GrèceChapitre 5 sur 6 · VI · texte numérisé non relu

VI

(2) II, noAtrtia, 1, 5 et 6, 1261».

antérieures. Encore est-ce un privilège qui n'en est pas an, puisqu'il est le même pour tous; tous étant assurés d'en jouir à leur tour.

Cette égalité politique de tous les citoyens ne saurait aller sans une certaine égalité économique. Pour vivre et soutenir son rôle de citoyen, il faut à rindividu les ressources nécessaires, que la cité lui doit. Non seulement l'intérêt de l'État l'exige, mais le principe de l'égalité qui doit régner entre les citoyens. Quand la cité se fonde, on fait des terres cultivables deux parts; l'une consacrée aux besoins du culte et aux frais des repas publics, l'autre distribuée entre les particuliers. Cette part, réservée aux particuliers, comprend deux régions, l'une située aux alentours de la ville, l'autre à sa frontière. Chacune de ces régions sera partagée en autant de lots qu'il y a de citoyens; et Théritage de chacun se composera de deux lots, l'un situé aux portes de la ville, et l'autre à la frontière. Ainsi sera réalisée l'égalité des biens que le droit politique réclame (1).

Le passage est significatif. On y voit comment le radicalisme démocratique grec, épris de beauté morale et de sincérité, animé d'un vrai sentiment du devoir, est logiquement amené à un socialisme individualiste qui, pour ne pas avoir le môme point de départ, se distingue peu dans ses conséquences et ses effets de celui de Platon. La situation d'Âristote est sensiblement la même que celle des anciens radicaux socialistes à la « Louis Blanc », èette fraction généreuse de la bourgeoisie républicaine, trouvant au terme du droit politique la réforme économique, et prête à définir, avec Michelet, la question sociale « un approfondissement de la liberté». Mais le philosophe grec semble avoir des conséquences économiques de son système une plus claire vision que ses imitateurs modernes. Peut-être cela est-il dû au voisinage moralement bienfaisant de l'idéalisme platonicien. Tout au moins n'éprouve-t-il pas la basse tentation, comme toute une branche de notre radicalisme de se dérober aux conséquences économiques de ses principes pour se rattacher à la doctrine — fructueuse — du laisser faire et du laisser-passer.

Le stoïcisme, lui aussi, eut de bonne heure ses rêves politiques qui nous sont, au reste, assez peu connus par quelques phrases de Diogène Laërce et de Plutarque.

Page 1