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LA PRÉVISION ET L APPLICATION SOCIOLOGIQUES

la société agit sur ses membres. Mais cette contrainte pour ne pas devenir inutile ou cruelle doit être éclairée par toute la science de l'homme individuel et social (i).

La criminologie conclut à la nécessité des substituts de la peine qui sont étudiés par deux autres sciences, hélas 1 encore plus imparfaites, la science de l'éducation et la théorie positive de la solidarité ou de la division des risques {Vart social de Condorcet),

Il n'est pas un progrès social qui ne suppose l'application de ces trois forces, contrainte pénale, contrainte éducative, mutualité.

Ces applications sociologiques, destinées à devenir toujours plus sûres, coopèrent à cette atténuation spontanée de la concurrence, qui est la donnée la plus générale et la mieux établie de la science sociale.

La transformation de la concurrence vitale violente en concurrence économique limitée par le* droit, voilà le grand progrès qu'a réalisé l'humanité. Opprobre de l'homme dans les sociétés barbares, le travail est devenu sacré. D'un autre côté l'habitude de la mutualité et de l'association pénètre peu à peu l'épargne, la consommation et le travail. En résulte-t-il qu'on puisse prévoir la disparition totale de la concurrence économique?

Aucune conclusion ne serait moins scientifique. La concurrence économique est un vestige de la concurrence vitale. Celle-ci résulte de la position

(i) Citons, à côté des travaux bien connus des criminologistes français, MM. Tarde, Lacassagne, Ladame, Joly, Guillot, l'œuvre admirable d'Alimena : / limiti e i modificaiori deW impulabilita. Turin, 1893-1896.

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de l'être vivant en face du monde inorganique et de la nécessité d'arracher aux agents physiques sa subsistance. La notion d'une société sans concurrence est donc un non-sens ; les contradictions du socialisme ont servi surtout à le démontrer.

La concurrence économique ne comporte qu'un progrès : les conséquences peuvent en être de plus en plus épargnées à ceux qui ne sont pas encore en état de la subir, c'est-à-dire aux enfants et partiellement à celles qui en ont la charge.

La démocratie française a organisé l'enseignement primaire gratuit et fait de l'école un lieu où l'enfant pauvre trouve non seulement un stimulant pour ses facultés, mais encore un aliment pour son corps. Elle a tenté, bien qu'insuffisamment à notre gré, de le protéger dans l'usine. Elle a assuré une protection légale à l'ouvrière et surtout à la mère de famille. Voilà des progrès que la sociologie ne saurait trop approuver.

L'avenir devra faire plus. Supprimer totalement la location du travail industriel de l'homme mineur est un terme vers lequel on peut s'acheminer pas à pas, mais dont on ne pourra guère se rapprocher tant que, vu les imperfections du droit des gens, l'armée réclamera les bras du citoyen majeur. Toutefois, le travail de l'enfant devra être légalement organisé de façon à développer ses forces et ses facultés, non à les stériliser par l'accomplissement prématuré d'une besogne uniforme. Un germe fécond réside dans nos écoles professionnelles d'apprentissage : selon le vœu (le Proudhon, elles devront se multiplier.

De même, le travail des femmes devra aider leur fonction maternelle, jamais l'entraver. L'homme

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