CONCLUSION
l'cspril (|iii sDiirtlc 1 ). (^n ne disciilc pas |(lnsavoc clli' (jiravcc l'aliiMU' l'iiiicux ; <ni lui passe la camisolo do l'orco. Le socialisme est une erreur sincèi-emcnl professée, issue ralalemonl de l'élal imparfait tles connaissanees sociolo^iipies : il ne cédera qu'à une critique impartiale.
La science sociale, aidée d'ailleurs par l'ail ru isme domestique et national, jouera donc le plus grand rôle dans la lutte contre le socialisme. Ce n'estpas toutefois aux disciples attardés d'Adam Smith ([u'il appartient de la représenter. Le socialisme est le fils de leur pivtendue science, fils illégitime, mais qui peut prouver pièces en mains sa filiation. Marx et Proudhon n'ont eu qu'à tirer les consé- (|uencesdes prémisses posées par Turgot, Ricardo, Rossi et autres. L'économiste classique ne sait ([u'une chose, célébrer la concurrence et y montrer l'aiguillon du- progrès. Or appeler le socialisme à la lutte dans ce champ clos, c'est lui assurer d'avance la victoire, car il peut alors faire témoigner un Spencer même en sa faveur et montrer que la loi du développement social, c'est l'atténuation de la lutte pour l'existence.
« Les personnes doivent être libres, les conventions doivent se former librement, donc la concurrence doit être illimitée, » tel est l'unique argument des économistes. L'originalité des écrivains socialistes, de Proudhon à Loria, est d'y avoir découvert un sophisme radical. Plus âpre est la concur-
(i) Dans la Commune de 1871, les singes de la Révolulion, les Pyat, les Delescluze, les Higault, les Ferré, dépassèrent de beaucoup en violence et en cruauté arbitraires les vrais socialistes, tels que Malon, Vermorel et Varlin.
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rencc qui drlermino la division du travail, plus la personnalilô humaine osl abaissée.
L'apologie de la concurrence repose sur une analyse insuffisante du déterminisme économique. Des facteurs exlei'ues, du climat et du lorrain, dépendent d'un côté les besoins de la population, de l'autre les productions spontanées du sol. Les facteurs internes sont ou j)ersonnels ou sociaux. Les premiers, comme l'ont vu les économistes, se ramènent à la recherche du moindre elîort et du plus grand gain ; mais ces savants, aveuglés par la psychologie superficielle, qui réduit tout au Moi individuel et ramène la sociabilité à l'égoïsmc, ont eu tort de ne tenir aucun compte des facteurs sociaux. Or, bien que ceux-ci ne dirigent pas immédiatement la production, ils déterminent néanmoins indirectement l'organisation du travail en réprimant les facteurs égoïstes, (irûce à eux, la manière de s'enrichir est modifiée, et l'association se substitue par degrés à la concurrence.
Une science spéciale étudie les rapports de l'activité sociale et des facteurs externes. La notion scientifique de la géographie ne fait cependant que poindre ; ceuxqui lacultivent sedéfendent à l'excès de la généralisation ; néanmoins, elle semble bien confirmer la plupart des vues de Montesquieu ; elle nous montre l'homme passif à l'égard du climat qui détermine ses besoins ; actif, mais dans les limites de ses besoins, à l'égard de la faune et de la flore et même du terrain. La recherche du gain n'est en somme autre chose que la tendance inconsciente à adapter le i)lus complètement les facteurs externes aux besoins individuels au prix du moindre eflort. De là une
CONÇU SION lf)5
oonsiMiiuMice : c'esl i\\\r la concurrence ^ilalc est d'aulanl plus vivo «|iic riioninio a moins daclion sur les choses. L'industrie qui résulle inimédialenienl du souci du moindre elîort, c'est évidemuuMil la chasse à rhomme, la conquête de l'esclave. Il laul (jnelle soit devenue bien périlleuse pour que réu:oïsme y renonce. Demandons aux Touaregs, aux Arabes du Zanguebar, aux Turkmènes, quel travail a jamais été si lucratif! La substitution de la concurrence économique à l'esclavagisme est la preuve que la tendance au moindre ell'ort peut être réprimée et transformée. La création de l'outillage ca]>italiste est ainsi le signe d'une concurrence atténuée. Par suite, si la personnalité est encore étouffée par l'organisation économique, nous avons la preuve ({ue de nouveaux progrès doivent se réaliser aux dépens de la concurrence. La concurrence et le progrès social sont ainsi les deux plateaux d'une balance.
La liberté des contrats et du travail n'est pas un point de départ, c'est un but. Cette double liberté est d'autant plus incomplète que les hommes luttent plus pour l'existence. Elle exige que les conditions du louage d'ouvrage puissent être discutées avec une véritable égalité. Oui pourrait soutenir qu'il en soit toujours ainsi, notamment si l'on considère le travail des femmes et des enfants ? La liberté du travail impbque la liberté du travailleur, la garantie de sa conscience, de sa dignité, de son développement personnel, ou elle n'est rien, sinon une cruelle ironie. Cessons donc de confondre la liberté des personnes et de conventions avec la libre concurrence. C'est offrir au socialiste les verges avec lesquelles il nous
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fustigerait. Le vrai progrès social et économique consiste donc, nonobstant toute autre considération et tout souci de la multiplication des richesses, à faire respecter les règles morales du contrat ainsi <|ue les exigences de la protection de rcnfance.
La liberté n'implique don • nullement lalïaiblisscment des attributions de IKial, rien ne ressemblant moins à la libre discussion i[\w le conflit de» forces. Sans l'Ktat, sans ses tribunaux, sans sa juridiction civile et commerciale, toujours ap|)uyéc sur sa juridiction pénale et sur une sentinelle invisible, la force militaire, que serait ce contrat que l'on o[)j)ose à l'Etat? Ouelle en serait la force exécutoire? (Juc serait notamment le civ<lil sans les règles de la preuve judiciaire? Deriière la liberté partout se montre la souveraineté.
Autre chose ri"^tal, autre chose une bureaucratie paperassière et tracassièie. Le rôle de l'I^^tal est précisément de rendre possibles le contrat et la libre association. Connue l'a montré Spencei-, l'association libre est le fruit tardif de l'évolution |)olili(pie. Elle suppose la concurrence adoucie et l'adaptation g'nérale des caractères aux formes élevées de la vie sociale.
Etat, liberté, atténuation de la concurrence, trois compagnons de route cheminant la main dans la main. Sans doute la supj)ression totale de la concurrence est impossible, ce progrès suppose «jue les Idîs du. monde extérieur et les tendances personnelles cesseraient d'être des facteurs du «léterminisme économi(pie. Mais la cjoncurrence économique peut n'être plus qu'un ressort secondaire de noire activité ; là doit tendre l'évolution sociale et l'éducation de l'humanité, car l'alfran-