C.ONCI.ISION I
cliisscmiMil et \r rclrvcincnl do la |)("rs(niiu> Inmiainc sont à ve prix.
Le sociali.smo pose la (picslion sociale, lo libéralisme pciil seul la lésoudro. Lo socialisme nous uionliv la porsouualilé des travailleurs opprimée et déprimée par la coopéralion Iradilionuelle: il en conclut par un coup de désespoir el un saut mortel à la coudamnalion de l'épargne el de la propriété capitaliste, à un retour à linconscience du sauvage. Le libéralisme retient le problème et rejette la solution. Champion de la personnalité humaine en même temps que de la r.ulture rationnelle, il conclut aune lente modification de la division du travail social ; il conclut que lÉtal doit à la personneduprolélairenon seulement la liberté, mais laide, le concours résumé dans l'idée d'éducation.
On confond fréquemment le libéralisme avec ce parti demi-féodal qui tremble devant le nom même de l'Etat et chérit les abus de la propriété oii il voit un contrepoids nécessaire à la puissance publique. On oublie que le libéralisme, c'est la démocratie elle-même, la démocratie progressive et purgée du césarisme. En elîet, le libéralisme est la notion d'un état où le titre héréditaire a disparu et où la discussion a remplacé à la fois la soumission et le combat. Loin d'être la glorification de la concurrence, il en implique au contraire l'atténuation graduelle ; c'est avec raison toutefois qu'on l'oppose au socialisme, car il s'en sépare sur deux points fondamentaux.
Le milieu social agit sur l'individu, l'individu réagit sur le milieu social. Peul-être la femme réagit-elle moins que l'homme, l'habitant des campagnes que l'habitant des villes, le gouverné
IÇJ'S Lli ï^OCIALISML; et I.\ SCIL.NCE -SOCIALE
• liie le gouvernanl : la raison individuelle modifie plus l'acilemenl et plus ordinairement les croyances collectives que le caractère personnel ne modifie, même par l'autorité de l'exemple, les habitudes traditionnelles. Néanmoins, sans cette réaction générale, la société ne serait pas progressive. Or, tandis que le socialisme en l'ait abstraction dans ses plans d'organisation future et imagine un état social où l'individu serait entièrement passif à l'égard des pi'cscriptions de la collectivité, le libéralisme, d'inslincl en (piel([ue sorte, voit dans la réaction de la personne sur le milieu l'œuvre à faciliter. Toutes les institutions dont le libéralisme est le défenseur, régime parlementaire, liberté de la j)resse et de la parole, lilierté de conscience, de culte et d'enseignement, liberté du travail el droit de propriété foncière, mobilière, intellectuelle, liberté de la défense el j)ublicité des débats judiciaires tendent à faciliter tout en la modérant la réaction «les intelligences el des caractères individuels.
La s()lidaril('' est un fait indéniable non moins (pie l'action du milieu social <lont elle est la conséquence. Toute société modifie la condition matérielle (lèses m('ml)res et le d('velo|)pemenl de leur cullure inlellecluelle ; la conduite des générations passées modifie en jinrlie celle de la génération présente. Néanmoins l'individu semble, j)lus que tout autre cause, l'agent de sa destinée ; de là, le contlit apparent des idées de solidarité et de responsabilité. Or le socialisme et le libéralisme donnent eliaeun à ce problème une solution oi)posée. Le socialisme n'hésite pas : au lieu de concilier les deux termes, il nie toute responsabilité, toute relation entre la conduite individuelle et la misère; il