Gopwix. Op. cit ; 1. VI, chap. I, p
moyens de subsistance qui, eux, ne peuvent croître qu’en progression arithmétique, et si le seul remède est dans l’action des fléaux destructeurs de la vie humaine, il estelair que toute tentative d’amélioration du sort de la multitude est destinée à demeurer vaine. Mais, dans la seconde édition de l’'Essai, Malthus, en même temps qu'il supprime certains passages, introduit à côté des obstacles répressifs, un obstacle préventif, la contrainte morale.
Il dépend dès lors de l’homme, par le jeu de cette contrainte morale, que les maux et les souffrances, occasionnés par la mise en œuvre des obstacles répressifs disparaissent. Pourtant Godwin persiste à ne tenir aucun compte de l’obstacle préventif. Il reconnaît parfaitement que Malthus, dans le dernier exposé de sa doctrine, oppose trois obstacles à l’accroissement de population: le vice, la misère et la con- trainte morale. « À mesure, dit-il, qu'il a poursuivi plus sérieusement ses recherches, et qu’il a cru poser les bases d’un code propre à régir les natures et à décider du sort d’une postérité éloignée, il a modifié les opinions qu’il avait émises dans la première édition, en supposant l’action d’un autre obstacle, à l'accroissement de la population, qui ne saurait être compris sous la dénomination de vice ni de misère (1). »
Mais il ajoute aussitôt que tous les changements