Gopwix. Op. cit. 1. VI, chap. I, p
LA
apportés à la première édition de l’Essai ne sont que des sacrifices dictés par la bienséance et faits seulement pour ménager la susceptibilité de certains lecteurs. Ils n’ont nullement été suggérés par la moindre variation d’opinion de la part de l’auteur. La contrainte morale n’a que très faiblement agi dans les temps passés, faut-il fonder quelque espoir sur son influence future ?
A la vérité, on doit reconnaître que Malthus n'avait pas une confiance illimitée dans ie fonctionnement de la contrainte morale. Mais il avait foi dans les progrès de l'éducation et, en particulier, dans la propagation des principes de l'Économie politique, pour substituer l’obstacle préventif à l’obstacle répressif. Il déclarait que le seul objet qu'il avait en vue était d'améliorer le sort des classes inférieures de la société et d’augmenter leur bonheur. Pouvait-il, dès, lors, engager à se marier un homme qui ne saurait suffire à l’entretien de sa famille et à l’éducation de ses enfants ? D'ailleurs, il ne prévoyait pas que la contrainte morale fut un obstacle qui dût fonctionner sans cesse. Il ne méconnaissait pas que la population était un élément de puissance d’un État et qu’à certaines périodes on devait la laisser s’accroître librement.
Par contre, nous avons vu que si Godwin fait aussi peu de cas de la contrainte morale, il est un autre
obstacle auquel il attache la plus grande importance: