Sogrer, p
munauté la nourriture, le vètement et le logement, que cette répartition doive se faire d’après les besoins et encore que les enfants doivent être élevés en commun. Peut-être objectera-t-on que l’idée de la solidarité, la considération du bien et du mal de l’ensemble agiront comme forces réfrénatrices et n'auront pas moins d'efficacité que le simple intérêt personnel. On ne saurait l’affirmer a priori, et il est puéril de s’en tenir à de telles hypothèses. Nous ne nions pas que, par la diffusion de l'éducation, la masse n’acquière des habitudes de prévoyance et que le principe de la solidarité ne doive être reconnu et proclamé un jour. Mais il est fou de spéculer sur un changement aussi complet et aussi rapide de la nature humaine.
D'ailleurs, il convient de remarquer que Thompson lui-même a parfaitement reconnu les insuffisances que nous venons de signaler. Il va donc modifier sa théorie à tel point que la prévoyance individuelle ne sera pas absolument nécessaire dans l’organisation qu'il recommande. « La société, dit-il, réglera le nombre des mariages et disposera seulement d'un certain nombre de chambres particulières pour les gens mariés (1).»Il estime que, dans ces conditions, les mariages deviendront naturellement tardifs : l’âge
auquel ils seront permis ne sera atteint qu’une di-