Prounuo, Op. cit.,t.II, p
au célibat obligatoire, jamais les pauvres où même les gens obligés de travailler pour vivre ne consentiront à se priver du seul plaisir qui leur soit permis: la vie de famille. Il est impuissant puisque la misère a pour cause, non pas le surcroît de population, mais les prélèvements du monopole ; elle ne manque jamais dans une société organisée comme la nôtre de se faire sentir, que la population diminue, reste stationnaire ou s’accroisse, peu importe.
Le remède que proposait Malthus consistait seulement dans une contrainte morale. Mais cette contrainte morale n’a pas tardé à devenir, comme l’on devait s’y attendre, une contrainte physique. Des disciples inconscients ou maladroits, qui n’ont pas compris la doctrine du maître,ont vite exagéré sonerreur, et, par une transition toute naturelle, dit Proudhon, encore que Malthus ait énergiquement protesté contre une pareille interprétation de son principe, en sont arrivés à recommander des obstacles physiologiques.Ces divers systèmes ne résolvent pas mieux la difficulté: la population restera stationnaire, soit, mais feront-ils disparaître la misère, puisqu'elle anticipe incessamment, qu’elle a sa source non pas dans la population, mais dans le monopole ?
Ainsi toutes les solutions proposées sont impraticables, impuissantes ou immorales. Le problème subsiste en entier. Comment Proudhon le résout-il ?
Nous avons vu que la population a tendance à s’ac-
croître selon une progression géométrique, alors que le développement de la richesse suit une progression plus rapide encore dont chaque terme peut être considéré comme le carré du nombre correspondant de la première. Mais cette période durant laquelle s'opèrent ce doublement de la population et ce quadruplement de la richesse est essentiellement variable : de 14 à 1.000 ans et au delà. Là est la solution du problème. < Car il est clair que si cette période est susceptible de s’allonger indéfiniment, il doit arriver un moment où la population et là production, en augmentant toujours, resteront stationnaires. La seule chose qui importe, c’est que la cause qui détermine l’allongement de la période, et par suite l’immobilité numérique de l’humanité, soit intime à l’organisation sociale, affranchie de toute contrainte, répression et arbitraire, et qu'elle résulte du plein et libre exercice de nos facultés » (1). Quelle est donc la cause qui influe ainsi sur l’allongement de cette période ?
Cette cause, répond Proudhon, nous l’aurions certainement aperçue s'’ilétait démontré que la ne de travail augmente sans cesse, non seulement en laison du nombre des travailleurs, mais encore en raison du progrès accompli. « Il résulterait, en effet, de cette augmentation du travail, d'abord, que la