Proupnon. Op, cit., t. Il;-p
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période de multiplication des produits s’allongerait sans cesse, il arrive un moment où l'humanité en travaillant toujours n’accumule rien, ne capitalise plus, La production humaine serait alors arrivée à son maximum: resterait à voir comment la population, suivant du même pas, s’arrèêterait à ce maximum, puisque ces deux termes, population et production, sont nécessairement connexes êet solidaires (1). »
Or ce fait de l’aggravation du travail apparaît à Proudhon comme une vérité incontestable. Il en tire la preuve de la théoriede Ricardo. Puisque, dit-il, les terres mises successivement en culture sont de moins en moins fertiles, c’est bienla démonstration de cette idée que la société, lorsqu'elle a dû passer de la culture des terres d’une catégorie à celles de la catégorie immédiatement inférieure, s’est appauvrie. Or, pour conserver le bien-être acquis, la société a dû imaginer des moyens d'action qui permissent d’augmenter le produit, l’homme a dû fournir toujours plus de travail. Ce qui fait illusion, à cet égard, ce sont les perturbations occasionnées par l’introduction des machines. Mais ces machines ne sont pas seulement des « méthodes abrégées de travail », elles sont aussi « un principe de servitude ».
Ce fait de l’aggravation du travail, et avec lui du
ralentissement de la production est ainsi bien éta-
1, Prounnon. Op. cut,, t. Il, p. 363,
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bli, mais comment se reporte-t-il sur la population? « Le travail, dit Proudhon, est pour l’amour une cause de refroidissement... La chasteté est compagne du travail, la mollesse est l’attribut de linertie (1)... » L'homme de travail devient plus délicat, plus raffiné. De mème qu'il tend à idéaliser son travail, il façonne, il embellit son amour. La paternité est la sanction de l’amour ; elle obtenue, l’amour a rempli sa carrière. L'homme que le travail a fait vertueux renonce de lui-même et sans regrets à des plaisirs qui autrefois lui étaient chers.
Que l’on suppose donc maintenant que le mariage ait lieu pour les hommes à 28 ans et pour les femmes à 21ans ; que l’on imagine que, l’usage des nourrices disparaissant, la durée de l’allaitement devenu général soit de quinze à dix-huit mois et que la période de fécondité soit de 10 à 15 ans, et l’on se rend compte que le nombre des enfants issus du même mariage peut difficilement s’élever au-dessus de cinq. Que l’on tienne compte maintenant du chiffre des célibataires, des hommes stériles, des enfants” morts avant la puberté et l’on voit que la population ne double plus ainsi que tous les trois siècles. Que l’on pousse plus loin encore l’analyse, que l’on considère l’aggravation continuelle du travail. Y a-t-il lieu dès lors de se demander si la terre pourra contenir tous les hommes ?