‹ Le Socialisme Et Le Principe De PopulationChapitre 37 sur 61 · Duurinc. Krilische Geschichte der Nalionalækonomie · texte numérisé non relu

Duurinc. Krilische Geschichte der Nalionalækonomie

und des Socialismus, 1871.

Cursus der National und Socialækono mie, 1873.

LARGES l’ecclésiastique (1). » Ce sont là, il faut en convenir, des critiques bien mesquines et il est plus conforme à la vérité d’attribuer le succès de l’ouvrage à son caractère de pamphlet politique anti-socialiste, dans sa première édition, et. d'ouvrage scientifique dans la seconde.

Quant à la théorie même de Malthus, Dühring commence par déclarer absurdes les deux propositions qui lui servent de base : elles vont jusqu’à l'infini et l'infini ne peut pas se réaliser. Il semble bien que là encore Dühring n’ait pas su comprendre Malthus. Car s’il est vrai que la population ait tendance à s’accroître en progression géométrique, cette tendance est contrariée dans sa réalisation par les mille fléaux compris sous le nom de vice et de malheur. Et si, d'autre part, les subsistances ne peuvent être augmentées au mieux que dans une progression arithmétique, il ne faut pas voir là une augmentation réelle, mais seulement un maximum qui est loin d'être atteint. D'ailleurs Dühring voit bien plutôt dans l'accroissement de la population une augmentation des forces productives qu’un danger. Des avantages de la division du travail, il tire ce principe: les besoins augmentent en proportion du nombre, les

forces augmentent dans une mesure beaucoup plus

1. DumriG. Krilische Geschichte der Nationalækonomie und des Socialismus, 1871. Op. cit, p. 177.

grande. Il oublie alors que l’état de la technique ne permet pas de multiplier sans cesse la division du travail et aussi que passé une certaine limite, cette division du travail ne présente plus que des inconvénients., Lui-même il indique une autre limitation : l'épuisement des ressources naturelles. « Déjà, dit-il, par la fixation du domicile et l'établissement des hommes en groupes déterminés, des limites ont été tracées à la production des moyens d'existence et à laugmentation de la population, limites qui se trouvent bien en deça de la population de la terre. » Si le mode d’exploitation existant commence à fournir le maximum de ressources, de nouveaux progrès de la technique devront survenir pour donner plus d’élasticité à la production. Que ces progrès ne surgissent ou ne puissent être mis en œuvre, alors il faudra modifier l’organisation économique, ouvrir un champ plus large au mouvement ascensionnel de la population, mettre en place du régime actuel un régime à capacité de population incomparablement plus grande, au travail salarié substituer le travail sociétaire. Et si le recul des ressources naturelles persiste, il n’y aura plus qu'une issue, l'émigration.

On objectera que l’émigration n’est possible que pour un pays isolé. Dübring tient pour invraisemblable qu’une telle situation s’étende à toute la terre. Il croit plutôt à une sorte de mouvement de va-et-

vient de la population. Pourtant, il reconnaît que si

LEE cette situation particulière à un pays déterminé devait s’étendre au globe entier, aucun accroissement de la population ne serait plus possible désormais. « Ilne saurait plus être question de progrès que là où l’homme ne serait pas sous la dépendance des ressources naturelles, dans le travail concernant les

idées et l’organisation de la société (1). »

Karl Marx (2).

Nous avons vu précédemment que si Lassalle et Rodbertus avaient à peine effleuré le problème de la population, Marlo, au contraire, avait envisagé la question sous tous ses aspects. Karl Marx, lui-même, ne s’en désintéresse pas, et à la loi de population telle que Malthus l'avait formulée, il en substitue une autre propre au mode de production actuel, qui se dégage d’elle-mème de ce mode de production et qui doit disparaitre avec lui.

Karl Marx attaque à la fois et la personnalité et l’œuvre de Malthus. Parlant des disciples d'Adam Smith qui,au xvur' siècle, ont produit quelque chose de remarquable, il mentionne seulement Eden. Pour-

tant, il prévoit qu’on lui opposera Malthus. Et alors,

1. Soprser. Die Stellung der Socialisien zur Malthüs’ schen Bevælkerungslehre, 1886. Op. cit., p. 87, 2. Karz Marx. Le Capital. Traduction Roy.

=-92— il se laisse aller à une violente diatribe contre l’auteur de l’Æssai sur le principe de population. « On m'objectera peut-être, dit-il, l’Æssai sur la population publiée en 1798 ; mais dans sa première forme, ce livre de Malthus, n’est qu’une déclamation d’écolier sur des textes empruntés à De Foe, Franklin, Wallace, Sir James Stewart, Townsend, etc... [ln’y a ni une recherche, ni une idée du cru de l’auteur (1). » L'œuvre de Malthus n’est ainsi qu’un plagiat où l’on ne rencontre pas même une seule idée personnelle. Si le succès de l’ouvrage a été aussi grand, cela est dû uniquement aux circonstances au milieu desquelles il a fait son apparition. Les partis oligarchiques, en Angleterre, effrayés par les progrès des idées nouvelles qui s'étaient fait jour en France, avaient cru trouver en lui un auxiliaire. De là le succès de l’ouvrage, Malthus lui-même en fut étonné et « il s’appliqua alors à fourrer dans l’ancien cadre de nouveaux matériaux superficiellement compilés (2)»>.

Nous avons déjà fait justice de ces attaques et nous avons montré que, si l’£ssai, dans sa forme primitive était conçu dans un but politique, Malthus avait vite compris qu'il fallait lui donner une base plus solide, une base scientifique (3).

Il convient aussi de s’élever contre le reproche de

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