‹ Le Socialisme Et Le Principe De PopulationChapitre 43 sur 61 · Marx, op. cil., p · texte numérisé non relu

Marx, op. cil., p

vaillent eux-mêmes à leur perdition ; en même temps qu'ils provoquent une accumulation du capital, ils contribuent à se rendre relativement superflus. « La réserve industrielle est d'autant plus nombreuse que la richesse sociale, le capital en fonctions, l’étendue et l'énergie de son accumulation, partant aussi le nombre absolu de la classe ouvrière et la puissance productive de son travail sont plus considérables. Les mêmes causes qui développent la force expansive du capital amenant la mise en disponibilité de la force ouvrière, la réserve industrielle doit augmenter avec les ressorts de la richesse. Maïs plus la réserve gros sit comparativement à l’armée active du travail, plus grossit aussi la surpopulation consolidée dont la misère est en raison directe du labeur imposé. Plus s'accroît enfin cette couche des Lazare de la classe salariée, plus s'accroît aussi le paupérisme officiel. Voilà la loi générale absolue de l’accumulation capitaliste (1). »

Il nous faut maintenant examiner le contenu de la doctrine de Marx. Ce qui fait le fond même de sa théorie, c’estcette idée que les progrès de la technique moderne de la production doivent aller sans cesse croissants. Est il bien vrai que ce développement doive suivre ioujours cette marche ascendante ? On

ne saurait l’affirmer.Cependant qui oserait soutenir

1, Marx, op. cil., p. 284,

qu'un jour aussi viendra où l’on ne pourra plus compter sur des découvertes susceptibles de révolutionner l’industrie comme l’a fait la découverte de la machine à vapeur? Mais il faut aussitôt faire observer que la découverte d’un procédé de fabrication nouveau n’entraîne pas un bouleversement immédiat et complet d’une industrie d’un genre déterminé. L'introduction de la nouvelle machine a lieu seulement lorsque l’on peut, sans consentir une trop grosse perte, sacrifier l’ancien outillage, et surtout lorsque des ouvriers ont été mis à même de la diriger. Dès lors les inconvénients qui sont inhérents à une révolution subite de la production font défaut.

D’ailleurs, abstraction faite de ce qui précède, on peut se demander si les maux causés aux travailleurs par l'introduction des machines ne sont pas largegement compensés par le développement de l’indusiriequi en est la conséquence. En d’autres termes, en déplaçant des ouvriers engagés, la machine ne dégage-t-elle pas, par ce fait même, un capital destiné à les employer à nouveau dans une autre industrie quelconque ? C’est la théorie dite de la compensation. Supposons une industrie fonctionnant avec un Capital de 500.000 francs; la moitié de ce capital est avancée en matières premières, l’autre moitié est consacrée au paiement annuel de 100 ouvriers. On invente une machine permettant, avec

50 ouvriers, d'exécuter le même travail que les

At

100 ouvriers primitifs. Le coût de cette machine est de 125.000 francs. On licencie donc la moitié des travailleurs et on les remplace par une machine d'une valeur égale à leur salaire, Dégage t-on du capital par cette opération? En aucune façon; l'élément variable est tombé de la moitié au quart du capital total. Au lieu d’être dégagé, un capital de 125.000 francs se trouve engagé sous une forme où il cesse d’être échangeable contre de la force travail, c’est-àdire que de variable, il devient constant. Mais supposons maintenant que le prix de la machine soit inférieur à la somme des salaires supprimés, qu’il soit par exemple de 80.000 francs. Dès lors un capital de 45.000 francs se trouve dégagé et peut fonctionner comme nouveau capital. Marx ne le conteste nullement ; il se borne à remarquer que ce capital dégagé permettrait seulementd’employer 18 ouvriers tandis que 50 ont congédiés. En réalité même,ajoutet-il, ce chiffre de 18 ne serait pas atteint, car les 45.000 francs dégagés, pour se convertir en capital doivent en partie être dépensés en matières premières ou en moyens de production, ils doivent renfermer un élément constant inconvertissable en salaires (1).

Marx repousse ainsi la théorie de la compensation, et du point de vue auquel il se place, il a par-

faitement raison. Mais les ouvriers que la machine

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