‹ Le Socialisme Et Le Principe De PopulationChapitre 48 sur 61 · Voy. Bree, 0p. cit., p. 345 et suiv · texte numérisé non relu

Voy. Bree, 0p. cit., p. 345 et suiv

mème, se trouvent d'immenses espaces absolument incultes. La mer, aussi, doit entrer en ligne de compte par les richesses qu’elle est susceptible de fournir à l'alimentation. Enfin, et surtout, le sol cultivé n'est pas utilisé comme il devrait l'être. La Russie d'Europe pourrait nourrir 475 millions d'habitants; les Etats-Unis, vingt fois leur population actuelle, soit un milliard d'hommes ; l'Amérique du Sud pourrait à elle seule nourrir quatre fois le nombre d’ètres humains aujourd’hui dispersés sur la terre entière, À un autre point de vue, tandis que le blé, dans un sol bien approprié, donne un produit de 20 pour 1, le riz, dans son pays d’origine, donne une récolte de 80 à 100 pour 1, le maïs, de 250 à 300 pour 1. Pour toutes ces denrées, la question est donc de les rendre les plus nutritives possible par la préparation. Que l’on ajoute à cela que l’intérèt personnel des producteurs va à l'encontre de l'intérêt général des consommateurs, et que les spéculateurs, dans les bonnes années, laissent les grains se perdre parce qu'ils poursuivent uniquement un but d’enrichissement et qu'ils savent que les prix augmentent quand la production diminue. Que l’on tienne compte encore de l’imperfection des moyens de transport et que l’on se représente que de ce fait, chaque année, en Russie par exemple, des milliers de quintaux de céréales sont perdus. Que l’on songe enfin que de nombreu-

ses récoltes sont détruites, tous les ans, sans utilité

aucune, par les manœuvres militaires. On voit donc, conclut Bebel, qu’il « n’y a pas seulement lieu de nier la loi d’appauvrissement du sol, il faut ajouter qu'il y a en superflu des terres cultivables (1) ».

Ainsi la terre existe en quantité amplement suffisante pour assurer l’existence des hommes quelque grande que soit leur multiplication. D'ailleurs l’espèce humaine peut-elle se multiplier à son gré? Telle est la question que Bebel va examiner. Tout d’abord, dit-il, une observation s'impose: la population se multiplie plus rapidement là où elle est la plus pauvre. Les districts lies plus pauvres de l’Allemagne sont aussi les plus peuplés: le Harz, la Thuringe, la Lusace, l’Erzgebirge, le Fichtelgebirge. La raison de cet accroissement rapide de la population pauvre est facile à saisir c’est que, comme l’a dit Virchow, « la jouissance sexuelle est avec la boisson son seul plaisir ».

Si l’on envisage maintenant non pas les populations les plus pauvres, mais l’espèce humaine, en général, on constate encore que l'instinct sexuel est tellement vivace et tyrannique chez l’homme, que la santé en souffre, s'il n’est pas satisfait. N'y a-t-il pas là une raison de craindre que la population ne se multiplie d'une façon excessive? Tel n’est pas l’avis de Bebel ; pour lui, la satisfaction de l'instinct sexuel et la pro-

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