‹ Le Socialisme Et Le Principe De PopulationChapitre 51 sur 61 · H. Grorce, op. cul., p · texte numérisé non relu

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2, H. Grores, op. cul., p. VIIL.

sa loi semblait appuyée sur une vérité arithmétique indiscutable : il est bien évident, en effet, que la population, en augmentant continuellement, doit finir par dépasser ce que la terre peut fournir de nourriture, et, même en dernière analyse, d'espace. Puis elle est soutenue par des analogies existant dans le règne animal et végétal, où la vie lutte partout contre les barrières qui tiennent en échec les différentes espèces. Les faits eux-mèmes semblent la confirmer par l'accroissement rapide de la population dans les pays nouvellement exploités, la pauvreté et la misère plus grandes parmi les populations denses, le chiffre élevé de la mortalité dans les classes nécessiteuses, etc. Mais la grande cause du triomphe de cette doctrine réside surtout dans ce fait qu’elle était en harmonie avec les intérêts des classes privilégiées, effrayées par l’explosion de la Révolution française. À ces classes, la loi de Malthus, en donnant une cause naturelle au besoin et à la misère, semblait particulièrement agréable et rassurante. « Une théorie qui justifiait l’avidité du riche et l’égoïsme du puissant devait se répandre rapidement et prendre racine profondément (1). »

Pourtant, déclare Henry George, rien ne justifie la supposition que la population ait tendance à s’accroître plus rapidement que les moyens de subsis-

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