H. Georcz, 0p. cit
peut attribuer le besoin et la famine à l’excès de population et à l'incapacité du sol de produire assez. Si les cultivateurs pouvaient conserver leur petit capital, s’ils pouvaient échapper à cette saignée qui, même dans les années moyennes, réduit de grandes masses d’entre eux à vivre avec moins qu'il n’en faut aux cipayes, moins que n’en donne aux prisonuiers l'humanité anglaise, l’industrie se renouvellerait, prendrait des formes plus productives et suffirait certainement à nourrir une population plus considérable. Il y a encore dans l’Inde de grands espaces incultes, de grandes ressources minérales non employées, et il est certain que la population de l’Inde n’a pas atteint et n’a jamais atteint dans les temps historiques la limite réelle que lui imposent les ressources du sol pourvoyant à sasubsistance, ni même le point où ces ressources diminuent avec l'accroissement des emprunts qu'on y fait. La cause réelle de la misère dans l’Inde a été et est encore la rapacité de l’homme et non l’avarice de la nature (1).
Et ce qui est vrai de l'Inde l’est également de la Chine. La Chine, elle aussi, est capable de nourrir une population beaucoup plus considérable, et l’extrème pauvreté des basses classes est due, non pas à un excès de population, mais à des causes semblables à celles qui agissent dans l’Inde: à l'insécurité la plus
complète et à l'oppression du gouvernement.
1, H. Georce, op. cit., p. 114.
En ce qui concerne l'Irlande, il convient encore de faire observer que là non plus la population n’a jamais été tellement dense que les forces du pays ne puissent assurer sa subsistance. Pas plus en Irlande que dans l’Inde ou la Chine, la sécurité n’existait. Les fermiers qui entreprenaient la culture n'’osaient apporter d'améliorations au sol dans la crainte de voir le prix de leurs fermages aussitôt augmenté. Le travail se faisait d’une manière improductive et souvent ruineuse. Les produits allaient aux propriétaires absents, ils formaient pour eux une sorte de tribut, uue rente, sans qu'ils contribuassent en aucune façon aux charges et aux frais de culture. Aussi, la plus grande partie des Irlandais vivaientils dans une profonde misère, se couvrant de haillons, se nourrissant presque exclusivement de pommes de terre, de telle sorte que lorsque survint la maladie de la pomme de terre, ils périrent par milliers.
Et pour les autres pays, il en est de même que pour l'Inde, la Chine et l'Irlande. « Autant que nous le permet l’état actuel de notre connaissance des faits nous pouvons nier en toute sécurité que l’excès de population par rapport aux moyens de subsistance, ait jamais ététel qu'il ait produit le vice et la misère, que l’accroissement du nombre ait jamais amoindri la production relative de la nourriture (1). »