LES OUVRIERS FURENT SACRIFIÉS PAR LA RÉVOLUTION
Plus on étudie la Révolution française, plus on s'aperçoit qu'elle s'est faite au profit d'une certaine i classe, la bourgeoisie, et d'un certain nombre d'agitateurs. Mais qu'y ont gagné ce qui fait la force des villes, les ouvriers? Rien. Ils ont été absolument dupés par elle. Du moins ne peut-on pas dire que la Révolution a encouragé le collectivisme. Les hommes qui l'ont faite sont plutôt tombés dans l'excès contraire ; ils avaient tant souffert de la propriété collective sous la forme qu'elle affectait alors, biens seigneuriaux, biens du clergé, biens des corporations, qu'ils firent tout disparaître. Les corporations elles-mêmes, en
dépit ùes services incontestables qu'elles rendaient, ne trouvèrent pas grâce contre ces dispositions ; au lieu de les modifier, de les perfectionner, d'en faire disparaître les abus qu'avait fait naître la nécessité de se défendre contre des adversaires redoutables, on les détruisit radicalement. Cette destruction fut, à mou avis, une grosse faute; on nous a ainsi émiettés, nous Français, on a mis une poussière de peuple en face d'un gouvernement tout-puissant. Voilà pourquoi, depuis un siècle, nous allons flottant de la tyrannie à ranarchie. [Applaudissements.)
Les temps ont marché sans apporter de grands changements dans la situation des humbles. C'est que les régimes qui se sont succédé ont toujours présenté des défauts capitaux. Il n'entre nullement dans ma pensée de faire ici une critique générale des constitutions passées ou présentes ou de préconiser un système, à mon avis meilleur, mais j'estime que notre législation prétendue républicaine, je prends celle-là puisque c'est celle sous laquelle nous vivons, est fausse et mauvaise sur bien des points. Actuellement, les députés sont élus pour quatre ans ; du fait de leur élection, ils ont acquis tous les pouvoirs ; ils peuvent avoir promis de voter blanc, et votent bleu; ils peuvent s'être engagés à faire aboutir telle ou telle loi, et, unefois au pouvoir, combattre cette loi avec acharnement, et, pendant quatre ans, vous ne pouvez rien contre eux.