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SYNDICATS, BOURSES DU TRAVAIL, SUBVENTIO.-SS ET JOURNAUX

Répétons-le, ces idées, prodigieuses et ridicules tout à la fois, se sont épanouies sous la seule impulsion des propagandistes révolutionnaires, avec un seul instrument et une méthode unique :

Le syndicat ouvrier !

Dans l'espace de dix-huitans, malgré les restrictions apportées aux associations ouvrières par la loi de 1884, qui ne permet pas aux unions de syndicats de posséder et de vendre, c'est-à-dire qui les frappe d'incapacité civile et les condamne du même coup à l'im puissance pour une mise en train éventuelle de grands capitaux, malgré cette entrave, dis-je, les associations syndicales ouvrières prirent une extension consi dérable.

En 1884, il y avait 68 syndicats ouvriers ;

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En 1890, il y avait 1.006 syndicats ouvriers ;

En 1900, on trouve 3.287 déclarations officielles ;

En 1903 enfin, le nombre s'en élève à plus de 4.000 ! dont 500 unions ou fédérations ; le tout comprenant plus de 700.000 adhérents.

Dans celte statistique, il n'est mentionné aucun syndicat patronal, mixte ou d'agriculteurs.

Je cite l'armée ouvrière, créée par la propagande socialiste et, en partie, animée du souffle et de l'esprit collectiviste internationaliste ; cette armée enrégimentée, disciplinée et subventionnée, dans ses différentes sections, unions, fédérations ou bourses du travail, compte pour la moitié du chiffre global.

Les Bourses du Travail sont les points d'attache, de propagande et de ravitaillement ; elles sont actuellement au nombre de 114,

En 1901, il y en avait 86 : certains départements, comme VAisne, VAude, le Cher, VHéi'aidt, la Loire, la Seine, en comptent de 3 à 6, et les frais d'installation supportés par les budgets municipaux s'élevaient à /roz's millions cent soixante- quatre mille francs onze centimes.

Le chiffre des subventions municipales annuelles, à trois cent quatre-vingt-seize mille francs.

Celui des subventions déparlementales (annuelles), à trente-trois mille neuf cent cinquante francs.

Si vous ajoutez à ces chiffres les allocations gouvernementales et spéciales, accordées à la Bourse centrale du Travail de Paris, et qui, d'après l'interpellation faite par M. Prevet, au Sénat, l'année dernière, s'élèvent [ayinuellement] à quatre cent cinquante mille francs, vous arrivez au joli denier de huit cent quatrevingt-dix-neuf mille neuf cent quatre-vingt-quinze francs par an.

Ce sont les chiffres officiels de 1901, non compris l'amortissement du capital de trois millions et demi^ immobilisés pour frais d'installation.

Actuellement, et depuis 1902, les subventions annuelles dépassent un million.

Les contribuables commencent à s'inquiéter des proportions de ce singulier budget.

A Paris, le préfet de la Seine refusa, en 1903, d'ordonnancer une grande partie de la somme de 180.000 francs votée par le Conseil municipal. La Confédération générale du Travail fut exclue de la Bourse du Travail. A Toulon, Alger, etc., etc., les municipalités harcelées par les manifestations des syndicats anarchistes fermèrent aussi les Bourses ou supprimèrent les subventions.

Certaines villes, comme Saint-Etienne, donnent, bon an, mal an, de 23 à 30.000 francs aux agitateurs chargés de l'organisation révolutionnaire.

Bordeaux, 12.600 francs ; Saint-Quentin et Belfort paient leurs syndiqués à raison de 2 francs par tète et par an.

C'était, du moins, le tarif en 1901 ; maintenant il a sensiblement augmenté. A cette époque, Saint-Quentin donnait, en plus du logement, 6.600 francs, pour 3.383 adhérents ; Belfort et le département, 4.100 pour 2.284 adhérents. On le voit, la proportion est soigneusement gardée.

Les Bourses du travail de France sont réunies entre «lies par un organisme central qui porte le nom de Fédération des Bourses du Travail.

Depuis le passage de M. Millerand au ministère,

cette Fédération reçoit une subvention gouvernementale annuelle et spéciale de 10.000 francs. Il y a même à ce sujet un détail peu banal : les membres qui en composent le bureau, Yvetot, Lévy, etc., sont en même temps du Comité de la Grève générale^ de sorte que le Gouvernement se trouve le pourvoyeur de ce Comité, et c'est avec son argent que Ton publie les traités de Sabotage et Boycottage et le Manuel du Soldat!

Cette année 1903, en raison de la campagne antimilitariste à laquelle la Fédération des Bourses consacrait les ressources des contribuables, les 10.000 francs de subvention spéciale ne furent pas non plus ordonnancés.

Les journaux u de classe » , organes des différentes corporations syndiquées, sont actuellement au nombre de 108, dont 96 nettement révolutionnaires.

Le moniteur politique de toutes ces feuilles est la Voix du Peuple^ se publiant à Paris, sous les auspices de la Confédération générale du Travail; avec, comme principaux rédacteurs, Pouget, ex-directeur du Père Peinard, Latapie, Greffidhe. Yvetot, etc., tous libertaires!

Ajoutez à cela l'appoint des quotidiens ou hebdomadaires socialistes et anarchistes, qui insèrent les convocations, ordres du jour ou appels des syndicats ou comités, la Petite République, la Lanterne, V Aurore, t Action, le Libertaire, les Temps Nouveaux, etc., etc., et vous aurez une idée de la vitalité de ce groupe remuant et audacieux.

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