JLE MANIFESTE DES JAUNES
chandise^ noais qu'au contraire le contrat de travail est avant tout un acte humain ;
Que ce pacte doit solidariser les hommes, au lieu de les partager en deux groupes perpétuellement hostiles : patrons d'un côté, ouvriers de l'autre ;
La Fédération nationale des Jaunes de France se ^constitue sur ces bases :
1" Revendication ferme et continue des améliorations •qui sont indispensables au développement physique et moral de la classe ouvrière ;
2° Participation de la main-d'œuvre aux bénéfices du ^capital ;
3° Opposition à toutes les grèves ayant un caractère ;polilique et dont la nécessité n'est pas démontrée par l'intransigeance patronale ;
4° Fixation des heures de travail par corporations, réîgions et métiers, d'un commun accord entre syndicats patronaux et syndicats ouvriers ;
5° Développement parmi la classeouvrière des grands moyens sociaux de relèvement et d'indépendance, et garanties pour la vieillesse des travailleurs pauvres : mutualités, assistances et retraites ouvrières;
6" Education civique des travailleurs en vue de tous les droits et de toutes les libertés nécessaires à un grand peuple : liberté d'association, liberté d'enseignement, liberté absolue de conscience, droit de propriété. »
Ce document était signé : Pierre Biétry, des ouvriers horlogers; Steens, delà P^édération du Livre; Verleye, des dessinateurs industriels ; Jarry.des employés de commerce ; J. Bresson, des employés du gaz.
Ce n'était pas tout que de publier un manifeste, il
fallait réunir des adhérents, trouver un local pour les réunions, faire une publication, etc., etc.
Ce fut la partie la plus pénible, la tâche la plus lourde et sur laquelle les dissidents succombèrent momentanément.
Provisoirement et pour les deux mois de jouissance dont il avait le droit de disposer, M. Congy, le député du XP arrondissement, mit à leur disposition le local qui lui avait servi pendant les élections de permanence électorale, 6, rue Rampon.
Avec les économies de Fauteur (quelques centaines de francs), ils firent paraître le 1" juin un petit journal intitulé VOuvrier indépendant. Ce premier numéro, pour bien marquer les positions, fut presque exclusivement consacré à démasquer les agissements personnels de M. Lanoir et à montrer son organisation sous son véritable jour.
Dans sa Déclaration, VOuvrier indépendant, en même temps qu'il répudiait les pirates du mouvement rouge, répudiait les pirates du mouvement jaune ; mais il commençait par se dire le dépositaire du vrai socialisme français., ce qui indique bien la pensée directrice des premiers militants jaunes, qui ne songèrent d'abord qu'à se débarrasser de ce qu'ils trouvaient de pernicieux dans le socialisme. Ce n'est que beaucoup plus tard que nous nous aperçûmes qu'il était impossible, au point de vue ouvrier, national ou social, de faire un bon socialisme, que le perfectionnement des sociétés et l'aiïranchissement de l'être humain ne peuvent résulter que des théories antisocialistes. Mais voici les passages essentiels de la Déclaration de i'. l'Ouvrier indépendant » :
« Les principes que nous nous proposons de défendre,