PREMIER ÉCHEC
L'Ouvrier indépendant parut encore en Juillet et août 1902; puis, nos ressources étant épuisées, le local de la rue Rampon n'étant plus à notre disposition, nous dûmes cesser momentanément la propagande active, laissant M. Lanoir maître du terrain encore, mais portant au flanc des blessures qui devaient quelques mois plus tard l'obliger à disparaître.
Pendant sa courte existence, l'Ouvrier indépendant avait donc formulé, en tant qu organe officiel de la première Fédération nationale des Jaunes de France :
1° Un premier programme, professionnel et moral — quoique incomplet — des ouvriers libérés des politiciens;
2° La condamnation du parti socialiste révolutionnaire et internationaliste ;
2" La flétrissure d'un mouvement qui se serait intitulé jaune pour servir de louches desseins patronaux ou politiques.
11 restait évidemment des ambiguités, des restrictions, quelques hésitations même à répudier nettement, jusqu'au mot de socialiste, le socialisme ; mais telle quelle, la bataille prenait déjà tournure.
C'est aussi dans ce premier organe des Jaunes que parut la première attaque directe contre le principe des subventions aux syndicats. Voici l'article extrait du numéro du 15 juin 1902 :