‹ Le socialisme et les jaunesChapitre 34 sur 143 · B^UNION PRÉPARATOIRE DU 23 DÉCEMBRE · texte numérisé non relu

B^UNION PRÉPARATOIRE DU 23 DÉCEMBRE

23, RUE BÉRANOER

« Biëtry donne connaissance des démarches entreprises pour provoquer l'adhésion de syndicats corporatifs à la Fédération nationale des Jaunes de France, dont il est le secrétaire général.

Les résultats sont des plus satisfaisants; des lettres émanant de nos principaux centres industriels témoignent de l'intérêt croissant qu'apporte la classe ouvrière au problème de son organisation.

CRÉATION DU PARTI SOaALISTE NATIONAL 101

Pour Paris, tous les véritables syndicats indépendants — ceux qui existent ailleurs que sur le papier — ont donné de chaleureuses adhésions.

Sur la proposition de Biétry, appuyée par Lionne^ il est décidé qu'une réunion préparatoire sera provoquée, à une date ultérieure, pour adopter une tactique conforme aux aspirations du prolétariat.

Lionne et Biétry insistent pour que Tépithète Jaune soit écartée.

« Nous sommes avant tout des socialistes, disent-ils, nous le sommes avec sincérité, alors que ceux qui avaient jusqu'ici pris cette étiquette n'avaient d'autre but que de duper la classe ouvrière. »

Cette proposition est adoptée; une Commission est nommée pour rédiger un Appel aux travailleurs.

La prochaine assemblée du Comité d'organisation est fixée au 1" janvier 1903, Brasserie de VEspérance, place de la République, à dix heures du matin.

Enfin Biétry est prié de réunir avant cette date les représentants autorisés de la Fédération nationale des Jaunes de France et de leur demander l'abandon de ce titre, pour celui, plus expressif, d'Union fe'de'rative des ouvriers et syndicats professionnels indépendants.

Cette Union serait ensuite invitée à adhérer immédiatement au Parti socialiste national.

Le Secrétaire de séance, Félix Jarry. »

Cet avant tout montre des hésitations, et aussi la préoccupation de ne pas apparaître comme hostile au mouvement ouvrier ; il faut tenir compte que nous étions pris, d'une part, entre le mouvement Lanoir, Jaune

anti-ouvrier, et le mouvement ronge, socialiste antiouvrier, d'autre part ; on cherchait aussi à indiquer QUE c'était du côté OUVRIER (socialïste) que l'on aspirait à se dégager des éléments patronaux et politiques.

Voici un autre procès-verbal qui sanctionne cette première réunion.

le"" JANVIER 1903 (extrait do procès-verbal de la RBUNIOIf)

« Etaient présents : MM. Jean Besson, des Employés du Gaz ; Demougeot, des Ouvriers sur métaux ; Verleye, des Dessinateurs industriels; Lionne, des Représentants de commerce; Jarry, des Employés de magasin ; Gouju, des Employés du Gaz; Castagnol, des Travailleurs du Gaz; P. Biétry, des Horlogers-Bijoutiers.

Excusés : MM. Naux, de l'Union syndicale des Omnibus; Rochard, des Maçons de la Seine; Steens, de la Fédération du Livre ; Claverie, des Charretiers et Camionneurs ; Goult, des Boulangers.

Les camarades excusés expliquent, dans des lettres versées au dossier, qu'ils approuvent d'avance les termes du manifeste dont Biétry leur donna connaissance.

Ils réclament l'honneur d'y apposer leurs signatures si les délégués réunis en décident la publication.

Lecture est faite du manifeste.

11 est adopté à l'unanimité.

Biétry dépose la décision de la Fédération natiorile des Jaunes de France, qui déclare faire abandon de son titre pour se ranger sous la bannière du P. S. N.

Les membres présents apposent leurs signatures au

bas d'un exemplaire du manifeste qui devra rester aux archives.

La date de la prochaine réunion est fixée au 10 janvier 1903, à huit heures du soir, 5, rue Pierre- Lescot.

Le Secrétaire de séance^ L, Verleye. »

Le manifeste en question, et c'est la preuve vivante des intentions du nouveau Parti socialiste national, était exactement le même que celui de la Fédération nationale des Jaunes de France, déjà publié ici même; il était seulement précédé de la déclaration que voici. Nous la donnons in extenso^ y compris les passages qui font allusion à des conflits aujourd'hui oubliés.

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