LES PATRONS ET LA TACTIQUE DE BASCULE
« Voyons maintenant ce que valent les accusations qui sont portées contre les Jaunes. Un simple exposé de leur doctrine et l'attitude des patrons à leur égard nous le diront.
Toute la doctrine des Jaunes se trouve résumée dans l'en-tête de notre journal : en somme, ils veulent la liberté de l'ouvrier en le rendant maître de son outil et ils préconisent l'entente, au lieu de la lutte, entre le capital, l'intelligence et le travail.
Si, dans toutes les classes de la société, il y a des bons et des mauvais, cbez les ouvriers les bons sont de beaucoup les plus nombreux, tandis que les complètement bons sont très rares chez les patrons ; à presque tous il manque un certain sentiment d'équité. Le défaut vient justement de cette période de près d'un siècle pendant laquelle le bourgeois-patron s'est habitué à se considérer comme le maître absolu de l'ouvrier : dans son usine il s'était fait autocrate et quelquefois despote. Ayant fait la Révolution à son profit, la bourgeoisie s'était probablement flattée qu'après la chute du roi elle resterait à jamais reine : il lui en coûte maintenant de renoncer à ce qu'elle considérait comme un droit acquis.
La masse des patrons peut se diviser en quelques catégories que nous allons passer successivement en revue.
Je n'ai jamais rencontré, je dois le dire, de ces pa-