L'ACCESSION A LA PROPRIÉTÉ
système ne subsiste. Bien au contraire, on se trouvera pouvoir réparer, jusqu'à un certain point du moins, l'inévitable injustice actuelle qui fait peser les charges les plus lourdes sur les familles les plus dignes d'intérêt.
Invoquer la loi pour accomplir cette tâche serait lui demander plus qu'elle ne peut faire. Au moins, est-il permis de souhaiter qu'un patron hardi et généreux, comme il s'en trouve, prenne une initiative aussi utile. »
On le voit, le Jaune remplit avec tant de conscience un rôle « d'enquête sociale » qu'il fait dans ses propres colonnes l'exposé d'un système possible de salaire collectif. Est-ce à dire que cette théorie se rattache à la théorie fondamentale du programme social des Jaunes? Non, certes; mais la sérénité avec laquelle on examine dans ce nouveau parti les hypothèses les plus hardies montre mieux le degré de mauvaise foi de ces adversaires qui montrèrent le mouvement ^aune comme suscite' et entretenu par le patronat.
Notre méthode de conquête reprend d'ailleurs invariablement le dessus, et c'est presque une répétition quotidienne que, par exemple, l'article ci-dessous, sous le titre de Propos du Jaune.
L^CCBSSION A LA PROPRIÉTÉ
« La participation aux bénéfices et l'accession des travailleurs à la propriété furent préconisées, il y a longtemps, par tous les esprits libres et informés.
En 1872, M. Charles Robert publiait un petit ouvrage sur le Partage des Fruits du Travail, qui fourmille de documents que l'on dirait rassemblés pour le Jaune.
Et j'ai sous la main plus de vingt ouvrages anciens et contemporains qui, tous, à des points de vue divers et quelquefois opposés, traitent judicieusement de cette grave question.
Remarquez que le syndicalisme n'avait pas encore fait son apparition que les savants et les sociologues avaient prévu déjà le conflit inévitable entre le salariat et le capital.
Dans son rapport à la Commission d'enquête de l'Assemblée nationale, le comte de Paris disait :, a Lorsque dans une entreprise industrielle tous les travailleurs sont, d'une manière ou d'une autre, directement inte'ressés à son succès, il s'accomplit alors une révolution qui, dans Vordre économique, fait disparaître les grèves et double les forces productives, et qui, dans Vordre politique, peut se comparer à la formation de la puissante classe des paysans propriétaires etj'our'' naliers à la fois. » C'est l'évidence même.
Les fruits du sol, par le métayage ou autrement, ceux de la mer parla part de prise, se partagent encore dans presque toutes les contrées de la terre. Pourquoi en serait-il autrement des bénéfices du travail indus» trialisé ?
Deux systèmes de conduite sont en présence : soli- j dariser dans chaque maison, par des liens et des intérêts de plus en plus étroits, patrons et ouvriers ; ou laisser, au contraire, s'organiser d'une manière hostile, ' dans un esprit de défiance, les patrons de chaque industrie contre les ouvriers de leurs professions, et, inversement, les ouvriers contre les usines dans lesquelles ils travaillent.
En 1852, l'économiste anglais John-Stuart Miir écrivait : . .