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LA JOURNÉE DE HUIT HEURES

Contrairement aux démagogues qui vivent de surenchères, les Jaunes ne craignent pas de dire leur ' opinion sur les questions les plus controversées, et voici en quels termes Gautherot (Amédée-Maurice), ouvrier typographe, s en explique dans forgane de la Fédération nationale des Jaunes de France.

LA JOURNÉE DE HUIT HEURES ET l'eXPLOITATION POLITIQUE

« La loi de 1884 défend aux syndicats de faire de la ! politique ; mais il est à remarquer que l'on n'y fait que , cela, directement ou indirectement.

Tous les syndicats « rouges •» sont des instruments ■ aux mains des politiciens, et dans toutes les manifestations syndicales on est certain de découvrir l'empreinte d'une manœuvre politique.

C'en est ainsi pour la campagne en faveur de la réduction des heures de travail, où l'on peut voir l'accord qui existe entre les meneurs « rouges » et leurs amis du Parlement.

Cette question est certes des plus passionnantes, et on est obligé de constater que toute tentative faite en vue de réduire l'effort physique humain mérite toute l'attention. Nous nous proposons, d'ailleurs, de l'étudier dans un prochain article et d'indiquer la solution qui nous paraît la meilleure pour arriver à ce résultat.

Vous savez que la Confédération du Travail, c'est-àdire la « concentration de tous les syndicats d'esprit révolutionnaire », en vertu d'une décision du Congrès de Bourges, a décrété qu'à partir du 1" mai 1906 une vaste agitation serait faite pour obliger « l'infâme capital » à accorder à ses exploités la journée de huit

heures, et, dans ce but, les ouvriers sont « travaillés » ferme dans les syndicats.

Pourquoi le 1" mai 1906 ? Il est dit que cette date symbolise la fête du Travail, et que l'on veut la faire coïncider avec cette future conquête prolétarienne.

Mais c'est aussi la fête des politiciens, puisque, quelques jours après cette date, doivent se faire les élections législatives.

Or, vous savez, comme moi, combien le pays est troublé depuis quatre ans par l'agitation religieuse. On sent sourdre une profonde colère contre les meneurs de cette agitation qui paralyse tout l'essor industriel et commercial, et ces meneurs, ayant peur de voir le pays se retourner contre eux aux futures élections, veulent créer une diversion et faire croire aux ouvriers, qui constituent la masse électorale, qu'ils ont toujours en vue l'amélioration de leur sort; la meilleure preuve, c'est qu'ils se proposent de réduire la durée de la journée de travail, et, en même temps, établir les retraites, les fameuses retraites !

Aussi, bien que cette question soit déjà, depuis de longues années, envisagée dans les syndicats, les politiciens s'en sont-ils emparé, et nous voyons actuellement tous les aspirants députés — radicaux, radicauxsocialistes, socialistes, etc. — dans les congrès, dans les comités, mettre, dans leur programme, la journée de huit heures. La surenchère!

Et ces abominables politiciens, qui font tant de mal aux ouvriers, espèrent que ceux-ci, devant de si belles promesses et sans plus réfléchir aux conséquences de leur vote, ne manqueront pas d'assurer leur succès!

Le mouvement préparé par la Confédération générale du travail, pour le mois de mai prochain, sous des

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