‹ Le socialisme et les jaunesChapitre 78 sur 143 · DU DROIT DE GRÈVE · texte numérisé non relu

DU DROIT DE GRÈVE

La Voix du Peuple^ qui a eu bien raison de ne pas préciser les faits et de cacher le dénouement, excite les ouvriers à rire des dépenses ainsi infligées aux patrons.

Les Jaunes recherchent l'enseignement de ces faits qui auraient dû péremptoirement fixer les ouvriers sur le droit de grève.

Il faut reconnaître que les meneurs ont parfaitement joué leur rôle, parce que, subventionnés et gratifiés par les politiciens arrivés ou dans l'expectative du pouvoir, ils devaient rendre impossible au Conseil des prud'hommes de se prononcer sur le droit de grève, afin de maintenir dans l'esprit des ouvriers la fausse certitude de ce droit, car l'ignorance des ouvriers sur ce point est absolument nécessaire aux combinaisons de la politique de socialisation étatiste.

11 est important que les ouvriers sachent bien qu'ils n'ont que la théorie de la grève, mais qu'ils n'en ont pas le droit pratique, parce que la grève rompt le contrat de travail, et que, si cette rupture est faite par les ouvriers sans observer les délais de prévenances, ils sont susceptibles dédommages-intérêts enverslepatron.

C'est le machiavélisme des socialistes de faire croire aux ouvriers qu'ils ont le droit pratique et absolu de faire grève et par cette fourberie d'entraîner les ouvriers dans les grèves politiques et financières, dans le but ■ie ruiner les patrons en rendant impossibles les rapports avec leurs ouvriers, afin que le patron État devienne le monopoliseur nécessaire de toutes les industries. Et, comme le droit de grève est antisocialiste, il en résulte que, la socialisation générale accomplie, les ouvriers de l'Etat ne pourront pas, ne devront pas avoir le droit de grève.

Il est indispensable de maintenir les ouvriers dans leur ignorance sur le droit de grève, d'entretenir leurs illusions à ce sujet, afin que, quand l'Etat sera l'unique patron, si les ouvriers parlaient du droit de grève, il puisse répondre: « Non seulement le droit de grève n'a jamais existé, mais, quand vous étiez chez les patrons de l'industrie privée, vous ne l'avez pas réclamé. »

C'est à ces sales combinaisons politiques que collaborent les révolutionnaires et les anarchistes dont on achète le concours par les subventions et des gratifications payées par les contribuables contre leur volonté.

C'est pourquoi les meneurs ont empêché les grévistes cités aux prud'hommes d'y comparaître, que les prud'hommes patrons, à l'instar de Mascuraud, plus occupés de politique que d'intérêts professionnels, ont souscrit à la manœuvre des prud'hommes ouvriers, et que ces derniers qui, à Paris, ne sont plus des ouvriers mais des employés du Gouvernement, qui siègent contre toute légalité et dont le chef de file est le faus saire Briat qui reçoit les ordres et les transmet à sa, bande, c'est pourquoi tous ces dupeurs ont empêché de discuter si, oui ou non, les ouvriers peuvent pratiquement user du droit de grève. »

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