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L'APOGÉE DU MARXISME ET SA DÉCADENCE

comptait, en 1851, 300.000 familles ayant un revenu de 150 à 1.000 livres sterling; elle en comptait 990.000 en 1881, et 1.500.000 en 1900.

Nous ajoutons pour la France des chiffres non moins éloquents :

11 y avait, en 1789, 4 millions de propriétaires; en 1825, 6 millions et demi; en 1850, 7 millions et demi; et, en 1875, 8 millions.

Il est curieux de noter que, de 1875 à 1883, il y eut en France un ralentissement considérable dans le morcellement de la propriété et même qu'il y eut recul léger après 1883. C'est donc au moment exact où cesse le morcellement de la propriété que le socialisme trouve en France des oreilles complaisantes à ses doctrines.

Depuis ces dernières années, si l'on tient compte de statistiques récentes, la propriété est de nouveau en évolution de « morcellement ».

Ajoutez à ces chiffres la force de pénétration du programme des Jaunes de France, qui peu à peu conduit les travailleurs à la co-propriété des instruments de travail. Dans dix ans, la grande industrie sera probablement de la ^lus grande industrie encore; seulement, au lieu d'être la propriété d'un seul homme ou d'actionnaires se contentant de détacher annuellement les coupons, les travailleurs y employés en seront, dans la plus large mesure, — dans toute la mesure, s'ils sont assez intelligents, — les associés co-propriétaires. Que restera-t-il alors des critiques et des prophéties catastrophales de Karl Marx?

Mais nous allons en finir avec le socialisme en Allemagne.

Naturellement les critiques de Bernstein provo-

quèrentun schisme : les Congrès de Lûbeck, en 1901, de Munich en 1902, retentirent du bruit des querelles.

Bebel, en socialiste pur et infaillible, essaya de faire excommunier son adversaire et celui de son maître Marx ; il proposa une motion disant : « Si, au sein du parti, on ne peut contester à personne le droit de critique, on ne doit pas cependant tolérer que ce droit s'exerce d'une manière aussi négative que la critique de Bernstein. » Ce qui revenait à dire que le marxisme était un dogme sacré, que Ton pouvait bien discuter entre « initiés », mais qui devait rester intangible pour les profanes. Bernstein eut beau supplier : par 203 voix contre 4, le Congrès vota la motion Bebel.

Il y a maintenant encore une autre division dans le camp des socialistes allemands. C'est Kautsky, qui dirige la New-Zeit, organe officiel du parti. Or, cette publication est tombée, pour l'exercice 1901-1902 seulement, à un déficit de 10.000 marks.

De là, long et violent débat au Congrès de Munich. Un orateur alla jusqu'à dire que « tous les théoriciens du parti devraient être enfermés jusqu'à ce quils se fussent entre-de'vore's ».

Depuis 1902, les Congrès internationaux ayant rendu à Bebel toute son autorité, il redevint le chef incontesté du parti socialiste allemand. Bernstein continue cependant ironiquement son travail de démolilion ; Kautsky grogne; et Bebel, par un petit coup d'Etat, vient de chasser d'un seul coup toute la rédaction du Vorwertz (quotidien du parti), afin d'y commander sans partage. C'est le caporalisme des doctrinaires so\x3 sa forme absolue.

Sa formation, ses tendances, ses leaders

Ce n'est qu'après l'écrasement de la Commune que le socialisme prit en France une allure doctrinale, et, si nous avons mis en tête de ce travail l'étude du marxisme^ c'est parce que, dès que le parti socialiste français commença à se constituer, il adopta les doctrines de Karl Marx.

Avant 1870, il y eut bien en France quelque tentative d'organisation générale ; la seule dont le souvenir reste encore fut celle de Blanqui. Blanqui, à l'heure actuelle, compte encore des adeptes. Rochefort, Ernest Roche se réclament de lui. Il est vrai que cette qualité de disciples du vieux révolutionnaire à laquelle s'attachent ces deux personnages, surtout pour des raisons électorales, leur est vivement contestée par les adhérents du C. R. C. (Comité révolutionnaire central) que dirige Vaillant et qui est plus connu sous le nom de P. S. R. (Parti socialiste révolutionnaire). A l'heure actuelle, ce groupement est, lui aussi, saturé de marxisme^ malgré son obstination à se dire hlanquiste. Beaucoup de députés sortirent de ce vieux creuset révolutionnaire, parmi lesquels nous citerons, à côté de Vaillant^ Marcel Semhat, J.-L. Breton, etc., etc.

Landrin, conseiller municipal, président actuel du

Conseil général de la Seine, est le trésorier de cette association purement politique et révolutionnaire.

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