‹ Le socialisme intégralChapitre 98 sur 108 · L ETAT ANTIQUE · texte numérisé non relu

L ETAT ANTIQUE

Plus coupable, plus douloureuse encore que l'inégalité entre patriciens et plébéiens, était l'asservissement des trois quarts de l'humanité, plus complet fut le châtiment. C'est toute la civilisation gréco-romaine qui s'effondra devant la propagande chrétienne et les invasions barbares, qui firent justice des sanglantes et turpides abominations de l'Etat romain, dont, au dire de Salvien — qui a raconté les désolations de ces horribles temps — même les hommes libres s'évadaient comme d'un bagne, lui préférant la vie sauvage dans les bois (i).

L'Etat antique était déjà dur, l'absorption romaine l'atrocisa. Il périt justement ; mais ce n'est pas l'aurore qui succéda à cette nuit d'iniquités, de sang et de larmes, c'est le prolongement d'une nuit de mille ans, tout le long du funèbre Moyen-Age.

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