EFFICACITE NOVATRICE
penseur qui trouve au fond de ses recherches, de ses méditations sur la nature des choses,le mystère de l'évolution universelle, cette éternelle formation et transformation des êtres et des choses, car, ce faisant, non seulement il lève un coin du voile d'isis, et de l'impénétrable vérité absolue, mais il donne encore sa démonstration scientifique à la loi de la solidarité qui est à Tordre moral et social ce que la loi d'attraction est à Tordre physique.
// fait du socialisme, l'inventeur savant ou praticien, qui soumet les forces productives de Thomme, favorisant par suite la multiplication des produits, tout en diminuant la durée et la peine du travail, ce qui est du socialisme au premier chef.
Il fait du socialisme, l'écrivain qui, dans le livre, le drame ou le journal, apothéose les sentiments de justice envers les hommes, de pitié envers les animaux, de compatissance envers tout ce qui souffre, car tout ce qui développe la bonté — la bonté trois fois sainte — est du socialisme.
Il fait du socialisme, le progressiste qui travaille et combat pour la liberté, sous quelque forme politique ou sociale qu'elle se présente ; car le socialisme tend à délivrer Têtre humain, noblement soumis au devoir moral et social, de toute servitude, de tout arbitraire.
// fait encore du socialisme, l'altruiste pratique qui passe en faisant le bien, là secourant, ici consolant, plus loin fortifiant, partout luttant contre Tégoïsme rapace, ce père de toutes les iniquités ; partout faisant aimer la bonté, cette source féconde des dévouements socialistes.
Saluons ces collaborateurs qui trop souvent nous méconnaissent, que trop souvent nous méconnaissons de même ; amenons-les plus avant dans les voies de la lumière et de la justice ; ce sera d'abord mettre dans notre jeu l'opinion, ce facteur impondérable mais si puissant des grandes réalisations humaines ; ce sera unir l'idée et la force et les rendre invincibles en les multipliant Tune par l'autre; toutes les forces vives nous appartiennent, il ne s'agit que de les prendre. Si Guizot a pu dire de la démocratie que « c'est le déchaînement de la nature humaine tout entière, sur toute la ligne, et à toutes les profondeurs de la société (i), »
(i) Guizot: *Z)^ la Démocratie en France,
à plus forte raison pouvons-nous dire que le socialisme contient en lui, et doit combiner tous les efforts, toutes les aspirations ayant pour objet un accroissement de force, de bonheur, de justice, de bonté et de beauté, sur la planète.
Ceci nous amène h ajouter que si l'idéal fortifie, en les poétisant, les revendications populaires, la science qui éclaire n'est pas moins indispensable à leur durable triomphe et à en conclure que le socialisme théorique qui n*a actuellement que des économistes et des politiciens, doit avoir ses philosophes, ses savants, ses historiens, ses littérateurs, ses artistes, en un mot des représentants dans toutes les directions de la science et de Tart. Le triomphe intégral et définitif est à ce prix.
Pour en revenir à ce si attrayant dix-huitième siècle ; c'est parce que, en même temps que l'enthousiasme populaire, elle eut avec elle l'éiite de la science et de la philosophie que la Bourgeoisie française de la Révolution put atterrer le despotisme monarchique et les privilèges féodaux. Elle n'eut pas, en effet, dans l'ordre intellectuel, que des démolisseurs comme Voltaire, ennemi de l'autel ; comme Rousseau, ennemi du trône ; elle sut s'adjoindre un incomparable groupe d'investigateurs et de reconstructeurs. Ce furent d'abord les Cosmologistes : d' Alembert, Monge, Lagrange, Laplace, Lavoisier, Clairaut, Guyton de Morveau, Berthollet, Vicq-d'Azur, Buffon, Lamarck, Helvétius, Bailly, Fourcroy, etc. Vinrent ensuite les Sociologistes : Montesquieu, Turgot, Condorcet, Gournay, Quesnay, Mirabeau père, Letrosne, Mercier de la Rivière, Beaudeau, d'Argens, Lamettrie, Linguet, Mably, Morelly, etc., et enfin les Moralistes : Diderot. d'Holbach, Georges Leroy, de Brosses, Chamfort, Vauvenargues, Beaumarchais, etc.
Avec une telle élite, la Bourgeoisie française occupait toutes les avenues de l'intellectualité humaine, ell^ pouvait tout entreprendre; elle ne s'en fit pas faute et glorieusement impulsa l'Humanité qui ne s'arrêtera plus tant qu'il restera des iniquités à combattre, des justices à fonder.
Les savants et les philosophes européens du XIX« siècle, n'ont ni la clairvoyance, ni la générosité de leurs immortels prédécesseurs du XVIlh siècle ; ils n'ont pas su, sauf de très rares