CAMPANELLA ET DIVERS
possible. Les unions ne sont pas libres ; les dissent les conjoints ; on accouplera par exemple n blonde, un maigre avec une grasse ; on assoret on fixera la date et la fréquence des cohabita-
îs gens s'aiment, ils ne seront libres de cohabiter s magistrats ne les aient unis) que dans le cas où
enceinte ou reconnue stérile.
du Soleil, autant de magistratures que de vertus, trats s'appellent Magnanimité, Courage, Chasteté, :e, Equité, Adresse, Vérité, Bienfaisattce, Recon- , Activité, Modération, etc.
; est particulièrement puni ; les coupables sont rement des repas en commun, du commerce des s dignités, etc.
ji se farderait serait punie de mort. Les peines : d'usage dans certains cas, quand il y a crime, existe, œil pour œil, dent pour dent; la direction
appartient aux magistrats qui sont tous prêtres, udes pratiques et spéculatives sont communes 5. On s'efforcera de rendre l'étude divertissante enseignera par les yeux plus que par les oreilles ; le corps en même temps que l'esprit, et cela par
gymnastique communs aux deux sexes, et qui 1 état de nudité complète et par l'apprentissage eurs professions. Le travail est si bien distribué le, que quatre heures par jour suffisent pour idance dans la communauté. Le reste du temps i'agréables exercices intellectuels, études et jeux L'âge des unions est fixé à vingt-et-un ans pour
dix-neuf pour les femmes ; les vêtements des t analogues; seulement la tunique des femmes longue. Chaque Solarien habite le logement et a attribué par les magistrats, m peu le lit de Procuste.
nmuns, toujours hygiéniques et excellents, ont a musique ; les adolescents servent à table. Les
femmes vont a la guerre aussi bien que les hommes. La propreté et l'usage des parfums sont ordonnés.
L'excellent Villegardelle (i) avance que la Cité du Soleil moins connue que V Utopie, lui est pourtant supérieure. » Tel n'est pas notre avis. Campanella (sa qualité de moine est son excuse) est tout à fait rétrograde sur la question familiale, puisqu'il revient purement et simplement aux idées platoniciennes.
Que dire aussi de cette cléricalisation des magistratures, aggravée par la résurrection de la loi du talion ?
En un seul point Campanella l'emporte ; c'est par son cosmopolitisme qui devançait les temps. Elles sont de lui ces paroles prononcées au commencement du XVll® siècle : « Puissent les peuples s'unir dans une communion pacifique. La science se multipliera et les échanges et les voyages augmenteront le bienêtre et les lumières de tous ! » .
Un siècle sépare Campanella de More, près d'un siècle et demi sépare Morelly, le quatrième grand communiste, de Campanella. Le XVI1« siècle, tout à la réaction monarchique, ne produisit que des systèmes d'élever les princes. Dans un seul de ces traités ou romans delphiniens, nous trouvons une utopie communiste telle quelle.
Le Télémaque est trop connu pour que nous ne nous bornions pas à signaler simplement la monarchie communiste de Salente que Fénelon voulut donner en modèle, sans s'élever, tant s'en faut, a la hauteur de More et sans même avoir les échappées lumineuses de Campanella.
VOcèafta d'Harrington, instructive à plus d'un titre n'est pas communiste, et ne peut pas entrer par conséquent dans notre cadre.
Nous en dirons autant de la Nova Atlantis de Bacon, de YArjenis de Barclay et de quelques autres travaux analogues.
Pourtant nous ne quitterons pas ainsi le XVll*^ siècle.
En ses Nuits, d'une poétique tristesse si profondément humaine, le poète élégiaque anglais, Edouard Young, s'écrie devant un cimetière du village : « Combien, parmi les inconnus
(i) Histoire des idées sociales avant la Révolution,