‹ Le socialisme intégral, Volume 1Chapitre 43 sur 123 · CAMPANELLA ET DIVERS · texte numérisé non relu

CAMPANELLA ET DIVERS

)rment ici pour toujours dans la couche glacée de la mort, en de Milton, de Corneille, de Molière, dont le génie fut é, dans son germe, sous le rocher insoulevable de l'ignoet de la pauvreté ? »

sentiment pareil nous saisit devant ce XVlh siècle qui pu être si grand par la science et la pensée, puisque maldouble pression cléricale et royale il put produire des Gasdes Pascal, des Spinosa, des Leibnitz, des Descartes, des mais que le despotisme monarchique à la Louis XIV stéri- 3ur l'idée, au moins en France.

mi ces étouffés de la tyrannie politique et sacerdotale, il en n qui, méconnu en son temps, se leva de son tombeau participer à la grande lutte émancipatrice du philosophisme nib siècle ; il devint de suite célèbre et pourtant il n'était qu'à moitié.

sffet, le curéMeslier, qui écrivit en 1690 le fameux Testaretrouvé par Voltaire et les Encyclopédistes, en 1760, ne fut donné d'abord que comme un prêtre incroyant, mort mandant pardon à ses ouailles de leur avoir enseigné le )nge chrétien.

ne le présentant que sous cet aspect. Voltaire, d'Alembert, )ach, Sylvain Maréchal ont, en quelque sorte, calomnié le ;te curé champenois, qui fut et restera l'un des plus :s représentants du communisme dans les siècles qui préînt la Révolution.

1 Meslier n'était pas seulement antichrétien, athée et matée comme Hobbes, comme Bayle et Gassendi ; républicain le Jurieu, métaphysicien rationaliste comme Locke, il était critique social, comme Vauban, comme La Bruyère. De et c'est là la plus étonnante originalité, il était commucomme l'avait été More et mieux certainement que Campa- Ce Jean Meslier supérieur nous a été révélé par un publiétranger, M. Charles Rudolf qui ayant été assez heureux découvrir un autre manuscrit authentique du Testament, a bon esprit et l'honnêteté de le publier intégralement (i).

e Testament de Jean Meslier, curé d'Etrcpigny et de But en Champagne, décédé

Après une éloquente et saisissante critique des maux qu'a engendrés la propriété individuelle et qui dévorent l'humanité, Meslier conclut, avec une précision parfaite ;

« Si les hommes, dit-il, possédaient et jouissaient en commun des richesses, des biens et des commodités de la vie ; s'ils s'occupaient unanimement tous, à quelque honnête et utile travail ou au moins à quelque honnête exercice, et s'ils ménageaient sagement entre eux les biens de la terre et les fruits de leurs travaux et de leur industrie, ils auraient suffisamment bien tous de quoi vivre heureux et contents; car la terre produit toujours assez suffisamment et même assez abondamment de quoi les nourrir et les entretenir, s'ils faisaient toujours bon usage de ces biens, et c'est fort rarement quand la terre manque à produire le nécessaire à la vie, et aussi chacun aurait suffisamment de quoi vivre paisiblement, personne ne manquerait de ce qui lui est nécessaire. »

Sujet de Louis XIV, le modeste curé se défie du centralisme gouvernemental, et pour la réalisation de son idéal il fait appel à des Communautés économiques qui « doivent ftiire une alliance « entre elles pour garder inviolablement la paix et se secourir « en cas de besoin (i). »

Communiste en socialisme, fédéraliste en politique, Meslier

en 1723 ; ouvrage inédit, précédé d'une préface et d'une étude bibliographique par Charles Rudolf, Amsterdam, à la librairie étrangère. R.-C. Meijer, I864, 3 vol.

Voir aussi sur le même sujet : La Revue d'économie politique, article du D' Cari Gruenberg ayant pour titre : Jean Meslier précurseur du socialisme contemporain, et dans la Revue Socialiste d'août 1SS8, un article de l'auteur de ce livre, sous la rubrique : Jean Meslier cotmnuniste et révolutionnaire.

(1) Meslier définit ses Communautés comme suit :

« J'entends par là tous ceux d'un même endroit ou d'un même territoire en sorte que tous ceux et celles qui seraient d'une même ville, d'un même faubourg, d'un même village et d'une même paroisse, ne composeraient tous ensemble qu'une même famille, se regardant et se considérant tous les uns et les autres comme frères et saurs... et qui, pour cette raison, devraient tous s'aimer les uns et les autres comme frères et comme sœurs, et par conséquent devraient vivre paisiblement et communément ensemble, n'ayant tous qu'une même et semblable rtourriture et étant tous également bien vêtus, également bien logés et bien couchés et également bien chaussés, mais s'appliquant aussi tous à la besogne, c'est-à-dire au travail, ou quelque autre honnête et utile emploi, chacun suivant sa profession ou suivant ce qui serait plus nécessaire ou plus convenable de faire, suivant les temps ou les saisons et suivant les besoins que l'on pourrait avoir de certaines choses. »

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ertaire sur la question familiale qu'il résout de la sorte: té de former des alliances chacun suivant ses inclinations, îs alliances pouvant être librement dissoutes, lorsque les its ne se trouvent pas bien ensemble. »

ce point, il est logique jusqu'au bout. Pour lui les enfants» :re privés de l'amour des parents, doivent être mis à la

de la communauté, itons que, contrairement à toutes les opinions de son

Meslier ne croyait pas du tout à la possibilité de réforîrieuses parla monarchie. Révolutionnaire isolé, dans le de sa conscience, il disait au peuple que son seul moyen t était de se soulever contre ses oppresseurs religieux, ans politiques et ses spoliateurs sociaux. Cet incroyant à une chose: la prochaine Révolution libératrice.

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