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S REMÈDES PROPOSES

6« Les baux emphytéotiques seront transmissibles. »

C'était la propriété sociale sauvegardée dans son principe et dans ses principaux avantages.

La bourgeoisie argentine le vit très bien, et pour échapper à cette législation égalitaire elle se livra au tyran Rosas, dont on connaît la sanglante épopée ; le monde économique fut ainsi privé d'un grand et salutaire exemple (i).

Revenons à l'Europe.

11 est assez remarquable que l'Angleterre, si rebelle au collectivisme industriel, a toujours été la première dans la lutte pour le collectivisme agraire.

Des paysans de Wicleffet de Jacques Tyler, un moment maîtres de Londres, aux collectivistes actuels, la revendication de la terre par le peuple a toujours été au fond de tous les mouvements révolutionnaires ou protestataires. A preuve les Niveleurs de John Lilburne (1640); les Communalistes, deSpence(i782); les Radicaux, de Godwin (1793), et les Chartistes, d'Ernest Jones (1840- 1850).

Dans l'ordre purement philosophique, nous voyons James Mill, le père de J. S. Mill, professer au commencement de ce siècle, en commentant Jérémie Bentham, que la nationalisation du sol est le seul remède aux maux présents .

En 1870, J. S. Mill, sous l'influence, dit-on, de mistress Taylor, qu'il venait d'épouser, reprit l'idée paternelle et fonda le Land Tenure T^form Association (Association pour la réforme de la tenure de la terre), dont le programme contenait ceci (art. IV) :

« Réclamons au profit de l'Etat, au moyen de l'impôt, la plusvalue graduelle du sol, pour autant qu'on puisse la constater, ou au moins une grande partie de cette plus-value, qui est la conséquence naturelle de l'accroissement de population et de richesse, sans aucun effort ni dépense de la part du propriétaire, réservant aux propriétaires le droit de céder leurs terres à l'Etat, au prix courant du jour où ce principe aura été adopté par la législature. »

(1) La théorie emphytéotique a été singuliéremen/ élucidée par A. Chirac, dans son livre : La prochaine Révolutiott. Il convient de mentionner également la proposition faite, en 1887, au Conseil Municipal de Paris par mon ami Joseph Daumas,

Goosle

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C'était un acheminement au collectivisme, tellement dans les mœurs philosophiques de l'Angleterre, que même le sociologue conservateur, Herbert Spencer, a écrit dans sa Statique sociale :

« Un plus haut développement social a fait naître en nous de nouvelles idées ; nous reconnaissons maintenant dans une mesure considérable les droits de l'humanité. Mais notre civilisation n'est que partielle. On arrivera peu à peu à se convaincre que réquité dicte des préceptes auxquels nous n'avons pas encore prêté l'oreille, et les hommes pourront alors apprendre que priver les autres de leurs droits à l'usage de la terre, c'est commettre un crime qui ne le cède en perversité qu'au crime de leur ôter la vie ou de les dépouiller de la liberté personnelle.»

Pour qu'on ne se méprenne pas sur sa pensée, le chef de recelé évolutionniste ajoute que le droit de chaque homme à l'usage de la terre n'a d'autres limites que les mêmes droits de ses semblables ; que cette conséquence, qui se tire immédiatement de la loi de l'égale liberté, exclut nécessairement la propriété foncière privée ; que tous les titres existants de cette propriété se trouvent être, de la sorte, invalidés ; que même un égal partage de la terre entre ses habitants ne pourrait engetidrer une appropriation légitime ; que le sol est le patrimoine commun des générations, et que cette théorie de cobér édité de tous les hommes est en harmonie avec la plus haute civilisation ; qu'il peut être, il est vrai, difficile, mais que réquité commande.

Enfin Herbert Spencer ajoute :

« Une telle doctrine s'accorde avec l'état le plus élevé de civilisation ; elle peut être mise en pratique sans entraîner pour cela la communauté des biens, et sans causer une révolution bien sérieuse dans les arrangements existants. Le changement demandé serait seulement un changement de propriétaires. La propriété séparée se fondrait dans la grande propriété indivise du public. Au lieu d'être en la possession d'individus, le pays serait possédé par une grande corporation — la société. Au lieu de louer des acres de terrain à un propriétaire isolé, le fermier les louerait à la nation. Au lieu de payer sa rente à l'agent de sir John ou de sa Grâce, il la payerait à un agent, à un délégué de la

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