REMEDES PROPOSES
communauté. Les intendants seraient des officiers publics au lieu d'être des employés privés, et la jouissance par bail serait la seule manière de louer la terre. Un état de choses ainsi ordonné serait en parfaite harmonie avec la loi morale. Tous les hommes seraient également propriétaires, tous les hommes seraient également libres de devenir tenanciers... Donc, avec un tel système, la terre pourrait être occupée et cultivée en restant soumise à la loi de la liberté égale, (i) »
Le collectivisme agraire peut revendiquer d'autres illustrations scientifiques et philosophiques.
En 1822, sir Alfred Russel Wallace, le glorieux émule de Darwin et Fun des pères du transformisme, publia son livre Land Rationalisation j its necessity and itsaims. Le sous-titre est long, mais complètement explicatif. Le voici : « la Nationalisation du sol, sa nécessité et son but, pour démontrer qu'un système rationnel d'occupation (occuping owner ship), sous le domaine éminent de l'Etat, serait un remède complet aux maux causés par le système actuel de propriété absolue, et pour expliquer comment ce changement pourrait être effectué sans faire aucun tort aux propriétaires existants et sans amener les résultats fâcheux supposés inséparables d'un système de nationalisation du sol ».
Selon la bonne habitude anglo-saxonne, Wallace a fondé une société de propagande agraire qui a pris le titre de Latid Reform Union.
A la Land Reform Union d'Angleterre, répondent, en Irlande, VIrisb land restauration Society, fondée par Michel Dawitt (2) ; Land law reform ^Association, fondée par les crofters écossais, décidés à ne plus se laisser si outrageusement piller par les landlords.
(i) Herbert Spencer : Social Staties, chap. IX, scct. VIII.
(2) Le grand collectiviste irlandais est, en ce moment, tenu en cchec par Parnell (qui veut simplement la terre aux fermiers) ; mais il est très écouté dans la fraction énergique du peuple irlandais. En outre, Michel Dawitt inspire la puissante et grandissante Irisb land restauration Society (Société Irlandaise pour la Restitution du Sol), dans laquelle il voit la fidèle représentante de ses idées. Après la victoire des borne rulers de VIrisb land act (ayant pour but le retour de la terre aux tenanciers). M. Parnell et les siens auront à compter avec ce parti collectiviste bicéphale, à la fois irlandais et américain, par là doublement redoutable.
Enfin nous devons signaler, comme collectivistes agraires, la plupart des hommes du Christian socialist et du Churcb reformer, qui vont, malgré leur christianisme fervent, jusqu'à l'idée de dépossession violente des landlords, puisqu'ils protestent vivement contre le rachat préconisé par A. R. Wallace. Comme il est entendu que tous les partis socialistes militants d'Europe et d'Amérique sont collectivistes, je n'ai pas ici à les mentionner spécialement parmi les partisans de la nationalisation du sol, leur collectivisme général étant de cela une suffisante affirmation, et je m'en tiens aux plus illustres adhésions individuelles, je dois même, par défaut d'espace, mécontenter de rappeler les noms de Ch. Letourneau, de Ch. Secrétan, de Georges Hansen, de Léon Walras (i), de Georges Renard, d'Azcarate, de Cournot, de Colajanni, d'Achille Loria, de A. Wagner, etc. (2), et nous arrivons ainsi aux trois hommes qui ont le plus contribué à mettre, en ce temps, la question agraire à l'ordre du jour : Emile de Laveleye, Henry Georges et César de Paepe.