LE GAGE DU CRÉDIT
Le chef de famille peut seul nous apporter le rameau de la paix, et devenir l’édUeur responsable des œuvres du crédit réhabilité.
C’est lui seul, et par privilège naturel, qui possède le sol, au moius dans le sens d une incontestable occupation de fait, et qui, par la possession du sol, possède le gage du crédit.
Puis,
Qui, par la disposition de ce gage au gré
de ses vues de tenancier patrimonial , — se trouve avoir seul la haute main sur la reprise universelle des travaux.
Mais les anticipations successives de plusieurs générations sur le patrimoine ont grevé le gage du crédit d’une dette formidable, et le système fatal de l’expropriation absolue en a réduit la valeur à son expression la plus basse.
D’où cette conséquence,
Que, ne trouvant plus dans le gage les garanties normales qui lui sont nécessaires, le capital s’est retiré de la propriété, et que l’usure est venue ravager nos campagnes.
La situation actuelle de la propriété, c’està-dire du gage du crédit, se résume en deux mots.
Ces deux mots donnent son inventaire social.
Li PBOPBIfirÉ DOIT 12 MULIABDS 450 MIl- IIONS.
L’œuvre première que doit se proposer la République, à moins de se constituer l’héritière des fautes et des catastrophes que nous a léguées la génération passée.
C’est:
Le dégrèvement, autrement dit la liquidation régulière de la dette territoriale, dans l’intérêt même de la génération future, et la conciliation du capital et du travail autour du gage du crédit enfin régénéré j
C’est :
La substitution du système de l’expropriation temporaire au système de l’expropriation absolue et dépressive,
La dernière étant funeste,
La première étant notre salut.
Tel se libelle à nos yeux le programme que doit se poser franchement la République.
L’idée politique, l’idée sociale, s’y réunissent dans de franches proportions.
— Sans la liquidation du passé, pas d’ave-
—Sans avenir, pas de crédit pour le présent.
En déblayant te terrain sur lequel ses fondations portent, notre génération prépare une perspective d’autant plus glorieuse à ses descendants, qu’ils seront libres d’user, à leur tour, de la résurrection du crédit, dans un intérêt d’ordre supérieur dont leur propre postérité profitera comme d’un exemple h transmettre encore.
Mais pour qu’elle soit radicale, il faut qu au moyen d’un stimulant énergique, l’œuvre absolue de notre libération financière soit restreinte dans le cercle d’une génération isolée.
Le problème paraît gigantesque au premier abord.
Il ne l’est pas.
Et nous l’avons résolu.