‹ Le socialisme, la famille et le créditChapitre 8 sur 18 · CO · texte numérisé non relu

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Et

Avons-nous la conscience, chaque fois que le scrutin est ouvert, que la majorité des suffrages inscrits actuellement dans les recensements électoraux de la F rance entière se soit prononcée d’une manière absolue?

Pas le moins du monde.

Les listes électorales se trouvent en déficit de 25 millions d’âmes, femmes et mineurs, que le suffrage, dit universel, tient totalement en éclipse,— en dépit de sa qualiOcation, .—

En dépit de leur existence, qui les place au rang des individus;

En dépitde toute idée de civilisation, dont les femmes et les enfants sont, il faut bien le dire, le ciment, l’objet etl’àme;

En dépit surtout de ceux qui sont chargés

du sort de la femme ot des enfants, nul argument, brutal, sérieux ou digne, ne pouvant priver ceux-ci du droit de les représenter, du moment qu’ils les résument dans l’ordre

D’un autre côte :

Le relevé des voix qui sont déposées dans l’urne démontre que le conflit des élections se passe trop fréquemment entre moins des deux tiers du pays, et que , relativement au nombre déjà si restreint des suffragants, c’est encore dans la plupart des cas une nii norité qui l’emporte.

Sur 12 millions do voix, 5 ou 6 millions s’abstiennent, et le reste se transforme eu majorités ou en minorités relatives.

Au fond , et devant la France ,

Ces majorités peuvent être des minorités;

Ces minorités peuvent être des majorités,

En dernière analyse, nous ne savons rien de certain, rien de positif sur l’opinion et les volontés du pays.

L’arène politique est métamorphosée en loterie et le suffrage universel en mensonge-

Si des minorités effectives, et doublement effectives, puisque, d’une part, la famille est frustrée de son appoint naturel, et que, d’autre pari, la majorité de fait reste dans la coulisse; si, disons-nous, des minorités effectives ont la chance d’escalader alternativement le pouvoir sans que l’expérience établisse jamais quel peut être le courant stable du pays,

Comment veut-on que le crédit national et le crédit particulier s’affermissent, et que des institutions solides puissent se fonder en présence d’éléments aussi faux, aussi éphémères ?

Nous vivons en perspective d’une bascule

permanenle, entre les feux croisés de laréaction et de la révolution.

Pour sortir de la crise qui dévore le pays, il faut, de toute nécessité, donner des gages à la famille, source de tout crédit, en restituant au suffrage universel son véritable sens, sa véritable acception, sans tomber, soit dans le ridicule, soit dans le scandale de l’individualisme.

Un jeune homme de 21 ans, libre de loute charge et de toute responsabilité, ne doit pas peser au scrutin le poids de la famille entière.

•'Minorité de fait, il deviendrait majorité de droit.

Six, sept, huit intérêts ne vaudraient pas plus alors que le sien.

Il balancerait à lui seul le foyer domestique.

L’iniquité trappe ici l’égalité.

C'est la liberté dont on se moque et la fraternité que l’on outrage.

Admettons l’individualisme,mais dans ses proportions.

L’individu compte pour lui seul et n’a rien de plus à réclamer.

Le père de famille compte pour plusieurs et réclame le droit de se porter fort pour

Procédons à la délivrance du chef de famille , pour qu’en revanche il procède à notre délivrance sociale.

Car, en le frappant de stérilité politique, nous frappons le crédit en personne.

Il est le gage du capital, il est surtout le foyer du travail, dont sa famille est le premier élément.

Il y a donc un intérêt social à décréter : —

Qde le sdffuage politiqde de CEAQüE citoyen FRANÇAIS SERA PROPORTIONNEL AD NOMBRE INTÉGRAL DE SES OBLIGATIONS DOMESTIQUES.

Sa7is cette loi,

Point de crédit.

Le capital, k moins d’une témérité exceptionnelle, ne saurait en effet contracter avec le père de famille dans la situation équivoque où la première de nos lois organiques tient chaque détenteur du patrimoine.

iit celui-ci ne saurait être le promoteur du travail tant que sa prépondérance naturelle se trouvera mise en écliec devant le scrutin.

Le droit de suffrage proportionnel admis, il nous reste à faire connaître le moyen d'obtenir l’unanimité des votesdu pays, c’est-à-

dire des 35 ou 36 millions de voix qui doivent parler dans chaque élection.

vm

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