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CHAPITRE XII

COMMISNTf FAUTE DE PREUVES, ON SE CON- TENTE d'assertions hardies

Il a été question dans le chapitre précé* dent d'une journée de douze heures valant 6 shillings et d'une journée de six heures valant 3 shillings et dans ce double énoncé rien ne nous a choqué, malgré les assertions risquées que nous y avons trouvées, comme celle-ci : six heures de travail suffisent pour qu'un ouvrier gagne de quoi entretenir lui et sa famille. Nous avons bien pensé que le nombre d'heures nécessaires pour gagner sa vie différait selon l'industrie, selon la force et Thabileté de l'ouvrier, et selon une

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foule d'autres circonstances qu'il est super- •flu d'énumérer; mais Fauteur se bornait, on se le rappelle, à émettre des suppositions, et nous étions tenus d'attendre l'emploi qu'il en ferait, quitte à intervenir pour arrêter l'abus. Eh bien, vous allez voir, Fabus est flagrant.

K. Marx commence par donner aux deux journées des noms différents : il appelle la journée de six heures valeur (T échange, et la journée de douze heures valeur d'usage.

Le fabricant est supposé dire aux ouvriers :

<t Je vous achète une journée de travail, quel en est le prix? » — Les ouvriers répondent tout bonnement, ou tout bêtement : a 3 shillings » ,car ils vendent la journée au prix coûtant (K. Marx les suppose donc bien bêtes).

— Le fabricant dit : « C'est bien, entrez dans l'atelier ». Au bout de six heures, les ouvriers ramassent leurs outils et font mine de s'en aller. Le fabricant regarde le produit de leur travail de six heures et se dit : « Ces produits, je ne les vendrai que 3 shillings,... et mon bénéfice? Je md serais donc

ON SB CONTBNTB D'aSSERTIONS HARDIES. ^

donné tout ce mal pour rien? » Il se frappe le front (j'imite un peu le boniment de K. Marx) : « Que je suis bète ! j'ai acheté leur journée, je puis en user jusqu'au bout ». — Et, s'adressant aux ouvriers, il dit : « Vous ne pouvez pas encore vous en aller, il faut travailler douze heures pour 3 shillings; j*ai acheté la journée, elle renferme douze heures qu'on peut utiliser pour le travail. »

Et les ouvriers, reconnaissant tout bonnement et tout stupidement la valeur de cet argument extraordinaire, restent et travaillent douze heures, mécontents intérieurement, peut-être, mais sans se plaindre.

Gela parait tout à fait incroyable, aussi pour que vous ne m'accusiez pas d'avoir mal lu vais-je reproduire un passage du livre de K. Marx, le Capital, p. 82-83.

Il dit :

« En effet, le vendeur de la force de trace vail (l'ouvrier) , comme le vendeur de « toute autre marchandise, en réalise la « valeur échangeable et en aliène la valeur « usuelle. II ne saurait obtenir Tune sans

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« donner Tautre. La valeur d*usage de la « force de travail, c'esUà-dire le travail, « n'appartient pas plus au vendeur que « n'appartient à Tépicier la valeur d'usage « de rhuile vendue. L'homme aux écus a « payé la valeur journalière de la force de « travail, son usage pendant le jour, le « travail d'une journée entière lui appar- « tient donc. Que l'entretien journalier de « cette force ne coûte qu'une demi-journée « de travail, bien qu'elle puisse opérer ou « travailler pendant la journée entière, « c'est-à-dire que la valeur créée par son « usage pendant un jour (de douze heures) « soit le double de sa propre valeur journa- « Hère (gagné en six heures), c'est là une « chance particulièrement bonne pour Tache- « teur, mais qui ne lèse en rien le droit du « vendeur. »

Vous paraît-il, cher lecteur, que les ouvriers seront de cet avis? Le raisonnement de K. Marx est au fond celui-ci : De même qu'en achetant de l'huile chez l'épicier (voyez ci-dessus), une fois que je l'ai

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