CHAPITRE PREMIER
De son côté, sous la Régence, encore, le gouvernement taxa les hôteliers et cabaretiers, « pour être maintenusdans leurs privilèges et permissions» (55); il parut fort surpris de ce que les intéressés prétendissent échapper au tribut, comme étrangers à toute jurande ou communauté (56).
H avait fallu, sous le règne d'Henri IV, une décision souveraine, pour reconnaître que « les personnes vendant à pot ou à pinte, du vin de leur cru, et n'ayant coutume, ni d'héberger, ni de faire asseoir les chalands », n'avaient pas besoin de se munir d'autorisation (57).
Quoiqu'il en soit, au cours du xvm e siècle, se rencoq trentdes actes ayant pour but d'accorder, au grand préjudice des consommateurs, d'excessifs privilèges, à certaines corporations de marchands, sous prétexte de sauvegarder l'intérêt de la santé publique et celui du trésor (58); en matière d'industrie, on trouve trace de prétentions aussi abusives (59).
Dans la Grande-Bretagne, quoiqu'en principe les corporations eussent conservé leurs antiques privilèges, néanmoins, au commencement du xvi e siècle, on défendit à tout gilde. fraternité ou association reconnue, d'établir, désormais, des règlements ceux-ci étant déclarés n'avoir d'effet qu'en vertu de la sanction royale (60).
C'est seulement en 4814 que Ton proclama la liberté légale d'exercer l'industrie, hors des corporations ; encore y eut-il des réserves, pour certains états, tels que ceux de boulanger, brasseur, marchand de beurre ou de charbon (61), et la profession de tavernier (62).
Au sein de la contrée où les associations professionnelles avaient pris naissance, d'une manière spontanée, on n'est pas surpris de constater qu'à paM les villes principales, ces agrégations échappaient, pendant tout le moyen âge et la Renaissance, au frein delà tutelle communale; néanmoins, lorsque, comme dans l'Electoral de Brandebourg, le pouvoir des magistrats locaux était fortement assis, le patriciat luttait contre les corporations urbaines; mais, ensuite, il y eut une sorte de compromis : pour éteindre la rivalité redoutable, la guerre sourde et ruineuse, dont tout le monde souffrait, il parut habile de recourir à un remède pire que le mal, en consacrant maints abus; d'ailleurs, le gouvernement, à l'exemple de celui des rois de France, prélevait un droit de confirmation, à chaque début de règne, ce qui permettait d'acheter, aux dépens de la liberté du travail et des transactions, le maintien de privilèges odieux.
A son avènement au trône, en 1713, le second roi