‹ Le socialisme municipal à travers les sièclesChapitre 13 sur 222 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

l'introduction de machines à usage commun » (85).

C'est là une formule fort sujette à critique.

D'abord, on y a confondu deux choses: le but et l'effet; puis, il semble assez imprudent de regarder comme objets corrélatifs « la prédominance » de « l'esprit » particulariste et * le relèvement de l'honneur » professionnel.

Dans son grand rapport de 1860, sur la boulangerie, appréciant la raison d'être des associations, telles qu'elles existaient, alors, c'est-à-dire libres, mais vues avec faveur, par les gouvernements autrichien et bavarois, Frédéric Le Play disait que leur maintien tendait à « prévenir, en temps de prospérité industrielle, l'agglomération exagérée des populations ouvrières » et à « alléger, en temps de crise, les devoirs d'assistance », qui incombent aux communes. Or, la statistique démontre, précisément, que les pays germaniques sont ceux où, en Europe, les grandes villes se sont le plus multipliées (86).

Aussi, croyons-nousque la véritable cause impulsive de la loi promulguée, en 1883, a été indiquée, par un économiste belge très connu, appartenant à l'école de Le Play, et qui explique, de la manière ci-après, à quel mobile le législateur autrichien obéit, il y a vingt-deux ans :

c Bien que les cadres corporatifs n'eussent pas été supprimés, par la patente de 1859, qui proclamait la liberté de l'exercice des métiers, en pratique l'obligation de s'inscrire était tombée en désuétude et la vie corporative avait beaucoup perdu. La Novelle de 1883 voulut défendre la petite industrie contre les multiples dangers de la concurrence et lui fournir des armes, pour soutenir la lutte. En même temps, on cherchait à réorganiser la vie corporative... les résultats n'ont pas réalisé les espérances des fondateurs du système. D'abord, la loi n'a pas sauvé la petite industrie des difficultés qu'elle rencontre dans la concurrence * (87).

S'il était besoin de chercher, dans les Faits, la confirmation d'un témoignage aussi autorisé, on la trouverait, sans peine, en examinant, soit les retouches apportées à l'œuvre de 1883(88\ rendue applicable en Hongrie, avec quelques modifications (89), soit les efforts faits, par l'empire d'Allemagne, pour lixer des règles, sur la même matière (90).

Tout en proclamant, d'une façon solennelle, la liberté du commerce et de l'industrie, la confédération germanique la restreint notablement, à l'égard des individus réputés sans «domicile commercial» ; de plus, elle réserve aux administrations locales le pouvoir d'exiger leur autorisation, pour vendre les

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