‹ Le socialisme municipal à travers les sièclesChapitre 17 sur 222 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

à extirper un mal qu'elle avait, autrefois, sinon introduit, du moins prolongé.

En 1848, le commissaire du Gouvernement provisoire, dans la Seine-Inférieure, se regardant, sans doute, comme investi de pouvoirs dictatoriaux, prit sur lui de réglementer les salaires industriels, à Rouen (105). Aussitôt, les calicots des fabriques de celte ville furent abandonnés; on se fournit en Alsace, en Flandre et même en basse Normandie ; heureusement, la présence dé l'autocrate fut de courte durée; son successeur, Dossard, économiste distingué, s'empressa de rapporter le malencontreux arrêté, qui, pour avoir été pris en faveur des ouvriers, et non plus des patrons, n'en constituait pas moins un acte de dangereuse immixtion, dans le contrat de louage.

De nos jours, chez la plupart des peuples européens, le législateur s'est préoccupé, tantôt de fixer les salaires, comme au moyen âge, tantôt et le plus souvent, d'assurer des garanties, pour la rémunération effective du travail accompli, la limitation des amendes et retenues, la clarté des éléments du prix de la main-d'œuvre, la restriction du temps consacré à la tâche journalière (106).

En outre» comme on le verra à Tune des annexes du présent ouvrage, les personnes morales et publi-

ques, eu passant des contrats, pour travaux el fournitures, stipulentdes clauses appelées conditions du travail et qui réfléchissent sur les rapports entre les industriels et leurs ouvriers. En économie politique, les meilleures intentions ne rachètent pas les fautes commises. Or, s'il appartient à ceux qui détiennent le pouvoir de peser sur les contrats privés ; d'établir des présomptions fâcheuses, à l'égard de toute une catégorie sociale, en exerçant, sur elle, une action coaclive; s'il est utile de substituer les vues des gouvernants, des officiers,. de police et autres administrateurs, aux combinaisons des chefs d'établissements industriels, sous prétexte que les ouvriers sont des « êtres faibles », qu'il importe de « protéger », contre « l'avidité » des employeurs, ceux-ci perdent tout prestige, aux yeux de leurs collaborateurs ; ils sont portés à se désintéresser des améliorations dont serait susceptible le sort du personnel relevant de leur autorité amoindrie; en effet, d'un côté, l'Etat prend, dans ses mains, la défense des artisans ; de l'autre, il oblige ces derniers à être prévoyants : quels efforts et quel mérite réservet-on, dès lors, aux industriels, destitués d'initiative, de latitude, dispensés de sacrifices généreux, mais accablés de charges légales ?

C'est en vain qu'un pareil système serait placé

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