‹ Le socialisme municipal à travers les sièclesChapitre 24 sur 222 · CHAPITRÉ PREMIER M · texte numérisé non relu

CHAPITRÉ PREMIER M

Mais, rechange met deux intérêts aux prises : l'un fait équilibre à l'autre.

Reste donc la négation du droit de disposer librement des substances échangeables. Suivant un principe élémentaire, il n'y a cession d'un bien « qu'autant qu'on est d'accord sur la chose et le prix » ; si « la chose » peut être exigée, non point par une personne morale, pour cause d'utilité publique et moyennant indemnité, mais par tout venant, pour cause d'avantage particulier, et d'après un tarif qui fasse violence au détenteur actuel, il n'y a même plus expropriation, mais spoliation, et cette voie de fait ne peut se couvrir d'un voile de légalité qu'à la condition d'abolir la propriété, avec son caractère inviolable; de reconnaître que Thomme ne peut rien revendiquer, à titre exclusif, dans la nature physique: qu'il doit faire apport intégral de ses forces et talents, pour les mettre en commun. Qu'on le veuille ou non, celte prémisse est inéluctable : le mot de « police » et autres termes vagues n'expriment que des paralogismes.

Aussi, le socialisme contemporain a-t-il gémi, protesté, relativement à la restitution de leur liberté aux boulangers (166) ; des tentatives ont été faites, pour en revenir au régime autoritaire (167); dans une commune du département de la Seine, un maire

n'a pas craint de prescrire la mainmise sur tout le matériel des boulangers, ceux-ci ayant fermé boutique, plutôt que de subir la taxe (168).

On ne saurait dire jusqu'où peuvent aller les fantaisies des taxateurs ; en 1884, à Poitiers, le prix du pain fui fixé d'après celui du blé, sans égard aux frais de fabrication; à Moulins-Engilbert (Nièvre), d'après « l'aspect de la future récolte » ! A Villeneuve-lès-Avignon, le maire écrivit aux boulangers : « Il me faut, à tout prix, du pain à bon marché ; si vous ne pouvez pas y arriver, en employant de la farine, employez du son. >

Pour la viande, il n'a été publié aucun document qui permette d'apprécier, avant le xix e siècle, les effets de la (axe, en France ou au dehors (169); mais un fait significatif peut suppléer à toute enquête : c'est la courte durée de la période pendant laquelleon essaya de l f imposera Paris(170), et le mécontentement général qu'elle fit naître ; le seul moyen pratique de Papaiser parut être la liberté (171) ; or, loin de donner lieu à de nouveaux griefs, ce régime normal fit baisser les prix (172).

Néanmoins, si éclatante qu'ait été, « dans le pays le plus administré », cette double démonstration, elle n'a pas eu le don de convaincre toutes les autres régions civilisées ; en Autriche, le principe des

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