CHAPITRE PREMIER
res d'exclusion reprenaient leur empire : c'est ce qu'attestent de nombreux exemples.
Dès le xii 4 siècle, la charte royale d'Etampes défendait d'acheter, dans cette ville, pour y revendre, les poissons, sauf le hareng salé, et le vin, excepté au temps des vendanges (186).
Philippe le Bel, en réglant la police des subsistances, à Paris, sévit, pareillement, contre les regrattiers (187).
Au milieu du xvu e siècle, à Mâcon. les officiers municipaux interdisaient d'acheter en ce gros » les œufs, beurres et poulets, de peur qu'il n'y eût là un moyen de trafic (188).
À Chalon-sur-Saône, environ 60 ans après, le Parlement de Bourgogne confirma un arrêté local contre les revendeurs et revendeuses de toutes espèces de comestibles (189).
Un peu plus tard, à Périgueux, il fut décidé que les marchands étrangers exposeraient, pendant trois jours, leurs marchandises, sur la place, afin de permettre aux habitants de se pourvoir, par préférence aux revendeurs (190).
En Angleterre, il y eut, de bonne heure, défense formelle de s'interposer, en qualité de regrattier, entre les producteurs et les consommateurs ; cette collaboration semblait ne rendre aucun service et
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n'augmenter en rien la valeur des marchandises ; le bénéfice réalisé était, dès lors, réputé illicite (191).
On chercherait en vain à s'expliquer une pareille sévérité. Quand des particuliers se fournissent, auprès de quelque intermédiaire, dont le concours est facultatif, pour eux, il y a présomption que ce mode d'achat offre quelque avantage, soit que le prix débattu ne soit pas plus élevé qu'ailleurs, soit qu'on veuille s'épargner un temps précieux, parfois même une rémunération de transport. Qui ne sait, au surplus, que le bénéfice du revendeur dérive d'une concession due à la quantité de marchandises qu'il demande, en bloc, pour l'écouler successivement ?
Tout le monde connaît, à Paris, la profession si intéressante désignée sous le titre de c< marchand des quatre saisons ». Grâce à la pénétration de ces modestes revendeurs, dans les quartiers populeux, une masse énorme de petites ménagères occupées, chez elles, à un travail industriel, qui représente de l'argent, échappent à l'alternative de perdre, pour le double trajet entre les Halles centrales et leur domicile, beaucoup de temps, ou de subir la loi des fruitiers, dont les exigences sont généralement irréductibles et les produits de qualité variable.
En outre, les marchands des quatre saisons forment un contingent assez élevé de pauvres gens,