‹ Le socialisme municipal à travers les sièclesChapitre 30 sur 222 · chapitre: PREMIER · texte numérisé non relu

chapitre: PREMIER

façon de faire les tonneaux (220), de tenir commerce de suif et chandelles (221) ou de donner à boire et à manger ! (222).

Dans la seconde moitié du xvui e siècle, de peur que le bois, pour le chauffage domestique, ne vînt à manquer, la municipalité d'Amiens s'avisa d'imposer l'emploi exclusif de la houille, aux chapeliers, teinturiers, brasseurs, briquetiers, etc. ; mais, l'Intendant resta insensible aux motifs invoqués, pour justifier cette mesure, dont il prescrivit le retrait (223).

En définitive, il résulte de l'ensemble des faits qu'on vient d'exposer que l'immixtion des municipalités, dans les transactions, sous couleur de « protéger » les consommateurs, présente un double et grave inconvénient :

1° N'étant justifiée par aucun principe qu'avouent la raison et l'expérience, elle repose sur le caprice et, en tout cas, l'appréciation suspecte d'individus également peu éclairés, sans quoi ils s'abstiendraient de soumettre à leur propre sens ce qui ne doit être réglé que par les lois naturelles ;

2° Tout ce qui contrarie le jeu libre et normal des phénomènes économiques nuit, nécessairement, à l'harmonie des résultats, qu'il est désirable d'obtenir.

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§ 4. — Règles établies dans l'intérêt présumé

des habitants t

« Au moyen âge, en Italie, les communes montraient de la sollicitude, pour la construction des édifices... Presque partout, le statut déterminait la forme des briques et des tuiles.

« A Monlecalieri, il était prescrit de bâtir les portiques de la place d'une manière uniforme, et le juge pouvait obliger celui qui avait des terrains inoccupés à les vendre, pour y bâtir » (224).

11 y avait lieu de rappeler, tout d'abord, ce pré* cèdent, afin d'expliquer comment, en France, à l'époque où tout respirait encore l'enthousiasme, pour l'art et les goûts cisalpins, une loi solennelle posa le principe qu'en toute ville ne pourraient entrer, dans la construction des façades de maisons, d'autres matériaux que la pierre de taille, la brique ou le moellon, afin d'assurer la « décoration » des cités (225).

Parla suite, on alla jusqu'à exproprier des terrains, pour donner un aspect uniforme et monumental aux bâtiments riverains de rues ou places (22fi). Comme ce moyen était coûteux, il parut

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