‹ Le socialisme municipal à travers les sièclesChapitre 34 sur 222 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

garantie de leur innocuité ? Les textes sont muets, sur ce point.

En Belgique, c'est depuis 1848 qu'un mouvement d'opinion se dessina, dans le sens d'une plus grande rigueur de la police sanitaire.

A Bruxelles, Liège et Tournai, le conseil communal prit sur lui d'attribuer, au collège des bourgmestres etéchevins, le pouvoir d'interdire les habitations réputées insalubres (260) : celte prérogative a reçu la sanction judiciaire (261).

Le gouvernement stimula le zèle des autorités locales, en excipantde considérations qu'il y a lieu de rappeler : « La salubrité et la commodité des demeures de la classe laborieuse ne sont pas seulement une condition essentielle du bien-être matériel et physique de l'ouvrier; elles constituent, en outre, un puissant moyen de moralisation et, à ce double titre, l'administration doit y consacrer toute sa sollicitude, toute son influence » (262).

Bien que les desiderata énoncés, dans ce document, méritent approbation, il est permis de penser que Tétai des esprits, à l'époque de sa rédaction, ne fut pas étranger aux erreurs qu'on y relève; en effet, la salubrité est un besoin commun à tous les habitants, sans acception de catégorie sociale, et non pas aux seuls ouvriers. Qu'on eût dit qu'en

général les logements occupés, par des manœuvres ou artisans, étaient déplorablement constitués, à la bonne heure; mais la formule choisie, intentionnellement, semble réserver, en faveur de ceux qui se livrent à des travaux manuels, la vigilance, en matière d'hygiène de l'habitation, et, en cela, elle soulève unecrilique légitime, parcequ'il est fâcheux de persuader à la population ouvrière que, seule, elle souffre d'un genre d'épreuves qui, en réalité, atteint également la bourgeoisie.

Les techniciens fixèrent un programme plus large. « Chaque administration peut et doit même, disaiton, prescrire, dans la construction des habitations, tout ce qui est essentiellement (?) nécessaire, pour prévenir des maladies épidémiques et garantir aux voisins la salubrité de l'air » (263).

H semble y avoir une dangereuse équivoque, dans les lignes précédentes. Que, lorsqu'une épidémie éclate, les malades aient besoin de respirer un air abondant et renouvelé, nul n'en doute ; mais que le mode de construction d'un édifice habité puisse préserver des atteintes du mal contagieux qui exerce ses ravages, c'est ce qu'on ne saurait soutenir sérieusement. Les hôpitaux des grandes cités sont, certes, pourvus de vastes salles bien ventilées, et, précisément, les microbes ou germes sont entraînés

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